La Métropole de Lyon a publié le 3 juillet l’attribution d’un marché de vaccins en dix lots. Les contrats ont été conclus le 27 février, pour une valeur publiée de 1,479 million d’euros HT, sur deux ans reconductibles une fois.
Ce n’est pas l’annonce d’une nouvelle campagne de vaccination. C’est l’arrière-boutique de la prévention locale: les doses à commander, les fournisseurs à retenir, les stocks à gérer, avant qu’un enfant soit vacciné en PMI ou qu’un adulte pousse la porte d’un centre gratuit.
La procédure portait notamment sur des vaccins contre le méningocoque B, sur un vaccin pentavalent diphtérie-tétanos-polio-coqueluche-Haemophilus influenzae b, ainsi que sur des lots grippe et rotavirus. Huit lots ont trouvé des titulaires, auprès de grands laboratoires comme GlaxoSmithKline, Sanofi Winthrop Industrie, MSD France et Pfizer. Deux sont restés sans lauréat dans cet avis: la grippe, faute d’offre reçue, et le rotavirus, malgré deux offres.
Le choix des critères est parlant. Dans un marché de vaccins, la décision publique ne consiste pas seulement à retenir le prix le plus bas. L’avis indique une pondération de 55 % pour le prix, 30 % pour la valeur technique et 15 % pour la prise en compte du développement durable. Autrement dit, la collectivité achète un produit de santé, mais aussi une capacité de livraison fiable, dans un secteur où peu d’acteurs peuvent répondre.
Cette logistique rejoint un service public très quotidien. La Métropole rappelle que les enfants peuvent être vaccinés jusqu’à six ans dans les Maisons de la Métropole, dans le cadre de la protection maternelle et infantile. En 2023, elle comptait 17 756 naissances sur son territoire et 18 319 enfants vus par ses services en milieu scolaire. La vaccination y croise donc les consultations de jeunes enfants, les bilans en école maternelle, les retards de calendrier et l’accompagnement des familles.
Pour les plus de six ans, les adolescents et les adultes, le réseau local ne repose pas seulement sur les cabinets médicaux. Le CDHS propose des consultations de vaccination publique gratuites, y compris pour les personnes sans couverture sociale, dans plusieurs centres de santé et de prévention du Rhône. La portée sociale du marché vient aussi de là: quand l’accès passe par un service gratuit, la disponibilité des doses n’est pas un détail d’intendance.
Le calendrier national ajoute de la pression à cette mécanique. Depuis janvier 2025, les vaccinations contre les méningocoques ACWY et contre le méningocoque B sont devenues obligatoires pour tous les nourrissons. En 2026, l’Assurance maladie décrit pour les enfants un parcours de huit rendez-vous et treize injections, avec des vaccins combinés, pour protéger contre onze maladies.
L’avis ne dit pas combien de doses iront dans chaque centre, ni comment seront relancés les deux lots sans titulaire. Il montre déjà ceci: dans la Métropole de Lyon, la prévention tient aussi à un marché public, à des fournisseurs capables de suivre et à des carnets de santé ouverts dans une Maison de la Métropole ou un centre de vaccination.