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Métropole de Lyon : réparer les égouts sans ouvrir toute la chaussée

La Métropole lance un marché de 3 millions d’euros HT pour réhabiliter des canalisations secondaires par chemisage continu.

Égout en travaux sous voirie

La Métropole de Lyon prépare quatre ans de travaux sur ses canalisations secondaires d’assainissement. Le marché, publié début juillet, prévoit du chemisage continu à partir de 2027 : une technique qui répare les conduites depuis l’intérieur, sans remplacer tout le tuyau par une tranchée ouverte.

L’accord-cadre est estimé à 3 millions d’euros HT. Il est divisé en deux lots, chacun compris entre 300 000 euros et 1,5 million d’euros HT sur la durée du marché. Les offres sont attendues jusqu’au 7 août 2026, pour un démarrage prévisionnel au 1er janvier 2027 et une durée de 48 mois. Le découpage géographique précis des deux lots n’est pas détaillé dans l’avis publié.

Le mot “secondaires” compte. Il ne s’agit pas des grands collecteurs qui forment l’ossature principale du réseau, mais du maillage plus fin : branchements d’immeubles, raccordements, grilles, avaloirs, conduites qui font passer l’eau sale et l’eau de pluie de la rue vers le système métropolitain. C’est le maillage fin de la ville enterrée. Quand il fatigue, le problème peut finir par remonter en surface.

Le chemisage répond à cette logique de réparation discrète. Une gaine est posée dans la canalisation existante pour lui redonner de l’étanchéité et de la tenue, quand l’état du conduit permet ce type d’intervention. Pour une métropole dense, le choix est parlant : réparer sans ouvrir largement la chaussée, limiter les reprises de voirie, intervenir dans un sous-sol déjà occupé par d’autres réseaux.

À l’échelle lyonnaise, ce marché reste modéré. Mais il prend sens dans un patrimoine très long : le rapport annuel 2024 de la Métropole compte 3 320 km d’égouts, 12 stations de traitement des eaux usées, 74 stations de relevage et 150 millions de m³ d’eau traités par les stations. La même année, 36,2 km de réseaux ont été renouvelés ou réhabilités, avec un taux moyen de renouvellement annuel de 0,61 %, en hausse par rapport à 2023.

La Métropole avait déjà posé le diagnostic dans son schéma général d’assainissement 2015-2027 : le patrimoine vieillit, le rythme de renouvellement reste contraint, et l’objectif est de passer d’une gestion curative à une gestion plus préventive. L’assainissement ne se joue pas seulement dans les stations d’épuration. Il dépend aussi de milliers de tronçons ordinaires, sous les immeubles, les trottoirs et les carrefours.

Ce marché prolonge donc la partie la moins visible d’une politique de l’eau. Après les études et l’assistance à maîtrise d’ouvrage évoquées récemment par La Clé Publique dans un précédent article sur l’assainissement métropolitain, vient le temps des conduites à inspecter, préparer, chemiser, remettre en service. Dans les rues concernées, le changement se verra peu. Le réseau, lui, devra continuer à faire son travail.

Sources consultées
  1. BOAMPTravaux de chemisage continu des canalisations secondaires de la Métropole de Lyon (2 lots), avis n°26-65705
  2. Métropole de LyonRapport annuel 2024 sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable et de l’assainissement
  3. Métropole de LyonLe traitement des eaux usées dans la Métropole de Lyon
  4. Métropole de LyonSchéma général d’assainissement du Grand Lyon, orientations et enjeux 2015-2027