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À Lyon, la transition des bâtiments publics passe encore par le gaz

La Ville de Lyon et son CCAS achètent encore gaz naturel et biométhane pour une partie de leurs bâtiments publics.

Chaufferie municipale à Lyon

La Ville de Lyon et le CCAS de Lyon ont toujours besoin d’acheter du gaz. Leur procédure de marché pour la fourniture et l’acheminement de gaz naturel et de biométhane, référencée A6GB11839 sur le portail des marchés publics métropolitain, reste ouverte jusqu’au 11 septembre 2026.

La ligne paraît sèche. Elle raconte pourtant une part assez fidèle de la transition énergétique municipale: à Lyon, comme dans beaucoup de grandes villes, la sortie des énergies fossiles ne se règle pas seulement par de nouveaux équipements visibles. Elle passe aussi par les contrats qui alimentent les bâtiments déjà là.

L’ordre de grandeur est connu. La Ville estime la consommation de gaz de ses bâtiments à 75 GWh par an. Depuis le 1er janvier 2022, elle indique chauffer au biogaz l’équivalent de près de 40 bâtiments municipaux. Son Plan climat air énergie mentionne aussi 25 % de biogaz, aux côtés d’une électricité déjà présentée comme 100 % d’origine renouvelable. L’avis consulté ne précise pas, lui, la part exacte de biométhane recherchée dans la suite de l’approvisionnement.

Le biométhane a l’avantage d’entrer dans les réseaux gaziers existants après épuration du biogaz. Il permet donc de verdir une partie d’un usage déjà en place: chauffer une école, une crèche, une mairie d’arrondissement, un équipement sportif ou culturel. Mais il ne remplace pas le travail plus lent et plus coûteux sur les consommations: isolation, rénovation des chaufferies, raccordement aux réseaux de chaleur, changements d’usage dans les bâtiments.

À Lyon, ce travail se joue à plusieurs niveaux. La Ville achète l’énergie pour son patrimoine et ses services. La Métropole, elle, est responsable de la distribution publique de gaz et d’électricité, propriétaire des réseaux et autorité organisatrice de l’énergie. Son Schéma directeur des énergies pousse à réduire les consommations, à développer les énergies renouvelables et à utiliser les réseaux de chaleur quand ils sont disponibles. En 2022, 109 000 équivalents-logements étaient déjà raccordés aux réseaux de chaleur métropolitains, avec un objectif de 200 000 en 2030.

Le gaz restant ne disparaîtra donc pas par décret. Une partie pourra être remplacée par du biométhane, produit par méthanisation et injecté dans le réseau. La Métropole cite par exemple la station d’épuration de la Feyssine, à Villeurbanne, où les boues issues des eaux usées sont transformées en méthane réinjectable. À l’échelle nationale, 823 installations injectaient du biométhane dans les réseaux au 31 mars 2026, pour une capacité de 15,9 TWh par an. La filière existe; elle n’est pas infinie.

Le marché lyonnais relève ainsi d’une transition de tuyaux, de factures et de bâtiments ordinaires. Tant que des équipements municipaux auront besoin de gaz pour fonctionner, la différence se jouera dans deux endroits peu visibles: la part de biométhane réellement achetée, et la vitesse à laquelle les bâtiments publics de Lyon auront moins besoin d’en consommer.

Sources consultées
  1. GRANDLYON Métropole, portail des marchés publicsFourniture et acheminement de gaz naturel et de biométhane pour la Ville de Lyon et le CCAS de Lyon, réf. A6GB11839
  2. Ville de Lyon, Mairie du 3eLa Ville de Lyon passe au biogaz
  3. Ville de LyonLe Plan climat air énergie
  4. Métropole de LyonLe Schéma Directeur des Énergies
  5. Service des données et études statistiques, Ministère de la Transition écologiqueTableau de bord: biométhane injecté dans les réseaux de gaz, premier trimestre 2026