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À Lyon, la Métropole serre les comptes mais ménage les communes

Après un audit financier sévère, la Métropole de Lyon maintient en 2026 sa dotation de solidarité aux communes.

Illustration - finances métropolitaines et communes

La Métropole de Lyon a présenté le 22 juin les conclusions de son audit financier, puis voté le maintien d’une dotation versée aux communes. La collectivité annonce des comptes plus contraints, mais refuse de commencer par réduire l’aide financière aux mairies.

Cette dotation s’appelle la DSC, pour dotation de solidarité communautaire. Elle sert à réduire les écarts de ressources et de charges entre les communes de la Métropole. Elle traduit une réalité simple : une même métropole abrite des villes très différentes, avec des niveaux de richesse, de logement social, de population au RSA, d’hébergement social, de foncier agricole protégé ou d’activité économique qui ne produisent pas les mêmes charges dans les budgets locaux.

En 2025, l’enveloppe votée atteignait 31,538 millions d’euros. Les plus gros montants allaient notamment à Villeurbanne, avec 4,696 millions d’euros, à Lyon, avec 4,174 millions, à Vaulx-en-Velin, avec 2,303 millions, à Vénissieux, avec 2,098 millions, ou encore à Oullins-Pierre-Bénite, avec 1,477 million. Mais la DSC ne concerne pas seulement les grandes villes populaires : des communes plus petites reçoivent aussi une part liée aux garanties ou à des critères précis.

La baisse prévue pour 2026 ne venait pas d’un coup de rabot improvisé. Elle était inscrite dans les règles votées en 2022. Ces règles avaient maintenu jusqu’en 2025 une compensation à 100 % du niveau de DSC perçu en 2021 pour les communes perdantes dans la nouvelle répartition. À partir de 2026, la garantie devait redescendre au niveau de 2018. Le budget primitif 2026 traduisait déjà cet effet, avec 29,5 millions d’euros de DSC inscrits, contre 31,5 millions en 2025.

Le vote du 22 juin interrompt cette baisse prévue. La Métropole annonce qu’elle ne veut pas l’appliquer en 2026, qu’elle maintient les communes à un niveau comparable à celui de 2025, et qu’elle verse dès maintenant un acompte équivalent à la moitié de ce que chaque commune avait perçu l’an dernier. Un groupe de travail transpartisan doit proposer de nouveaux critères de calcul et de répartition avant le 31 décembre 2026, pour une application au budget 2027.

Ce choix arrive pourtant au moment où l’audit financier met en avant une dégradation des marges métropolitaines. Selon les chiffres présentés par la collectivité, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 300 millions d’euros entre 2019 et 2025, l’épargne brute est passée de 486 à 361 millions d’euros, la dette globale atteint 2 milliards d’euros en 2025, et 1,7 milliard d’euros d’autorisations de programme sont déjà votés.

À l’échelle d’un budget métropolitain 2026 de 3,974 milliards d’euros, environ deux millions d’euros par rapport au budget primitif 2026 ne changent pas seuls la trajectoire financière. Mais ils montrent où la Métropole place, pour l’instant, la limite politique de l’effort. Elle peut examiner ses dépenses, ralentir certains projets, revoir des priorités, mais elle choisit de ne pas laisser la première coupe visible tomber sur les communes.

Le prochain débat budgétaire dira où l’effort se déplacera. Pour les mairies, le répit est immédiat mais provisoire : les règles de solidarité qui lient Lyon, Villeurbanne, Vénissieux, Vaulx-en-Velin, les Monts d’Or, l’Est lyonnais et les petites communes seront rouvertes avant le budget 2027.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonLa Métropole de Lyon vote un coup de pouce financier aux communes
  2. Métropole de LyonLa Métropole de Lyon présente les conclusions de son audit financier
  3. Métropole de LyonBudget primitif 2026 - Rapport budgétaire
  4. Métropole de Lyon / AgoraDotation de solidarité communautaire 2025 - Montants finaux DSC 2025
  5. Métropole de Lyon / AgoraDélibération n° 2022-0929 - Dotation de solidarité communautaire 2022, modalités de calcul et de répartition
  6. LégifranceArticle L5211-28-4 du Code général des collectivités territoriales