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À Villeurbanne, la transition des véhicules municipaux passe encore par le gaz

Villeurbanne attribue un marché de 90 000 euros maximum pour alimenter ses véhicules municipaux en gaz naturel véhicule et biogaz.

Illustration - véhicules municipaux au gaz

Villeurbanne a attribué à GNVERT un marché de fourniture de gaz naturel véhicule, avec biogaz, pour ses véhicules municipaux. Le contrat, conclu le 19 juin 2026, doit commencer le 13 juillet pour douze mois, avec trois reconductions possibles. Le montant maximal indiqué est de 90 000 euros.

Faire rouler les véhicules de la Ville éclaire une partie très concrète de la transition écologique municipale. Changer une flotte publique ne se résume pas à acheter des véhicules électriques. Il faut aussi alimenter les véhicules déjà là, garder des solutions compatibles avec les usages techniques, et éviter qu’un choix de carburant plus propre sur le papier se transforme en contrainte quotidienne pour les services.

À Villeurbanne, le gaz est déjà une composante importante du parc. Dans l’état d’avancement 2024 de son plan de transition écologique, qui reprend les indicateurs 2023, la Ville recensait 105 véhicules GNV, soit 41 % du parc suivi. Le même tableau indiquait 47 véhicules électriques, 29 diesel, et 75 essence ou hybrides. Ce nouveau marché ne marque donc pas un virage soudain. Il prolonge une organisation de flotte déjà largement installée.

Le GNV n’est pas une expérimentation marginale, mais ce n’est pas non plus une solution finale. Pour une ville dense comme Villeurbanne, prise dans les contraintes de qualité de l’air de la métropole lyonnaise, le gaz garde une utilité pratique : il permet de faire fonctionner une partie des véhicules municipaux sans dépendre uniquement du diesel, tout en laissant l’électrique progresser là où il est adapté.

La ZFE de la Métropole renforce cette pression. Depuis le 1er janvier 2025, les véhicules Crit’Air 5, 4, 3 et non classés sont interdits dans son périmètre, qui comprend Lyon, Caluire-et-Cuire, des secteurs de Villeurbanne, Bron et Vénissieux à l’intérieur du boulevard périphérique Laurent-Bonnevay, ainsi que plusieurs voies structurantes. Pour une commune, l’affaire n’est pas seulement réglementaire. Une flotte municipale sert aux interventions, aux équipements, à la logistique, aux déplacements d’agents. Elle doit pouvoir entrer, stationner, repartir.

La limite du marché est simple : l’avis parle de biogaz et de gaz naturel, mais ne précise pas la part qui relèvera réellement du biogaz. Or la portée environnementale n’est pas identique selon que les véhicules roulent au gaz naturel fossile ou au biométhane. Le marché prévoit bien une pondération de 10 % pour la performance environnementale de l’offre, mais l’effet final dépendra de ce qui sera effectivement consommé.

Une seule offre a été reçue, pour un montant qui reste limité. Cette petite mécanique dit pourtant comment avance une transition municipale : par des arbitrages imparfaits entre parc existant, contraintes de circulation, usages quotidiens et disponibilité des solutions. À Villeurbanne, une partie de la flotte publique continuera donc de passer par le gaz, pendant que les services municipaux poursuivent leurs tournées.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPAvis d’attribution de marché, avis n° 26-60875 du 19/06/2026, fourniture de biogaz et de gaz naturel GNV/GNC pour les véhicules municipaux
  2. Ville de VilleurbanneÉtat d’avancement 2024 du Plan de transition écologique, indicateurs de suivi 2023
  3. Métropole de LyonTout savoir sur la ZFE
  4. Ministère de la Transition écologiqueCertificats qualité de l’air : Crit’Air