La Métropole de Lyon a fixé à 10,74 millions d’euros HT le plafond d’un marché de quatre ans pour des études et de l’assistance à maîtrise d’ouvrage sur les eaux usées, les eaux pluviales et la Gemapi, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. Le démarrage indicatif était prévu en mars 2026. Ce marché ne promet pas une station neuve ni une canalisation neuve. Il sert à choisir les bons travaux avant de creuser.
Dans un tel système, les diagnostics décident une partie des futurs chantiers. La Métropole gère 3 320 km d’égouts, dont 593 km visitables, 12 stations de traitement et 410 déversoirs d’orage. En 2024, ses stations ont traité en moyenne 410 000 m³ d’eau par jour. À cette échelle, une erreur de priorité se paie longtemps : une canalisation trop tardivement réhabilitée, un bassin mal dimensionné, un branchement mal contrôlé ou une station qui arrive à saturation au mauvais moment.
Le rapport annuel 2024 de l’eau et de l’assainissement donne la mesure du travail ordinaire. Cette année-là, 36,2 km de réseaux ont été renouvelés ou réhabilités, pour un taux moyen de renouvellement de 0,61 %, en progression par rapport à 2023. Le même document décrit une bascule recherchée depuis plusieurs années : passer d’une gestion curative à une gestion préventive du patrimoine. Dit plus simplement, intervenir avant que le réseau ne rappelle son existence par une panne, un débordement ou un rejet mal maîtrisé.
Les lots du marché montrent où se concentrent les besoins : hydraulique fluviale et pluviale, systèmes d’assainissement et bassins versants, études environnementales, Gemapi, stations d’épuration et de relèvement, contrôle des usagers. Le plus gros lot, à 4 millions d’euros, porte sur les systèmes d’assainissement et leurs bassins versants. C’est logique : les écoulements passent d’une commune à l’autre, et une pluie sur une voirie, une zone d’activité ou un coteau finit souvent par tester le même réseau.
La partie Gemapi élargit encore le sujet. Sur le territoire métropolitain, il n’y a pas seulement le Rhône et la Saône. La Métropole recense aussi 97 ruisseaux non domaniaux, 365 zones humides et 16,7 km de systèmes d’endiguement. La politique de l’eau passe donc autant par les stations et les égouts que par les berges, les talwegs, les zones humides et les ouvrages qui contiennent ou ralentissent l’eau.
Le contexte réglementaire pousse dans la même direction. La directive européenne révisée sur les eaux urbaines résiduaires est entrée en vigueur en 2025 et doit être transposée en droit français d’ici juillet 2027. Elle renforce notamment les exigences sur les rejets par temps de pluie et les micropolluants. Pour une métropole dense comme Lyon, cela donne plus de valeur aux diagnostics : il faut savoir ce qui déborde, où, pourquoi, et avec quelles conséquences sur les milieux.
La limite est claire : une étude ne répare pas un égout. Mais sans elle, les chantiers visibles risquent de courir derrière les problèmes. Avant le béton, la pelle et les palissades, il faut des cartes, des mesures et des calculs pour savoir où va l’eau quand l’orage tombe sur la métropole.
Sources consultées
- La Centrale des MarchésPrestations d’études et d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage en lien avec les thématiques eaux usées, eaux pluviales et GEMAPI sur le territoire de la Métropole de Lyon - 7 Lots
- AW SolutionsPrestations d’études et d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage en lien avec les thématiques eaux usées, eaux pluviales et GEMAPI sur le territoire de la Métropole de Lyon - 7 Lots
- Métropole de LyonRapport annuel 2024 sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable et de l’assainissement
- Métropole de LyonGEMAPI : une nouvelle taxe pour préserver nos cours d’eau
- Ministère de la Transition écologiqueLa directive eaux résiduaires urbaines révisée