À Lyon et dans la métropole, l’eau potable n’est plus seulement ce qui arrive au robinet. Eau du Grand Lyon met en avant une carte de plus de 800 fontaines et points d’eau accessibles dans l’espace public, au moment où l’opérateur relance aussi sa collecte de gourdes pour les personnes vivant dehors ou dans des conditions très précaires.
Le geste paraît simple : savoir où remplir une bouteille. Mais par temps de chaleur, cette simplicité demande une organisation urbaine. Un réseau enterré de 4 100 km, 60 réservoirs et 58 communes desservies doit finir quelque part, dans la main d’un passant, d’un enfant, d’un travailleur dehors, d’une personne sans abri.
La carte permet de chercher une fontaine ou un point d’eau potable près de soi, par commune, code postal ou géolocalisation. Elle peut aussi calculer un itinéraire depuis un smartphone et signaler un dysfonctionnement. Cette dernière fonction n’est pas un détail. Eau du Grand Lyon distribue l’eau potable, mais l’entretien et la réparation des fontaines restent de la compétence des communes. La carte rend donc visible un service partagé : métropolitain par le réseau, communal par une partie des équipements de rue.
À Lyon même, la Ville indique que plus de 300 fontaines d’eau potable sont accessibles dans les rues et les parcs. À l’échelle métropolitaine, Eau du Grand Lyon élargit cette lecture aux 58 communes. Le passage est important : une fontaine utile n’est pas seulement une borne qui existe, c’est une borne que l’on trouve, qui coule et que quelqu’un répare quand elle ne fonctionne plus.
La collecte de gourdes donne au même sujet un visage plus social. Eau du Grand Lyon vise 500 gourdes en inox d’ici la fin juin. Elles peuvent être déposées du 26 au 28 juin au Bar à eau installé sur les berges de la Guillotière pendant le festival Entre Rhône et Saône, ou jusqu’à la fin du mois à l’agence Eau du Grand Lyon, 55 rue de la Soie à Villeurbanne. Après nettoyage, elles doivent être distribuées avec la Croix-Rouge française, La Cloche, des accueils de jour et le CCAS de Lyon.
Une gourde ne règle rien seule. Elle devient utile seulement si des fontaines ou des points d’eau temporaires existent autour. C’est précisément le maillon que l’opérateur met en avant : dans la métropole, plus de 25 000 personnes, en habitat précaire ou sans accès stable, sont privées d’un accès suffisant à l’eau potable pour boire, se laver ou laver du linge. Parmi elles, 3 500 personnes vivent sans abri. En 2025, le travail conduit avec plus de 80 acteurs a permis d’identifier 52 sites à équiper et d’installer 17 rampes d’eau temporaires.
Le cadre national pousse aussi dans ce sens. Depuis 2023, le droit français demande d’identifier les personnes ayant un accès inexistant ou insuffisant à l’eau potable et fixe, selon les situations, une référence de 50 à 100 litres par personne et par jour, au lieu de vie ou au point d’accès le plus proche possible.
À Lyon, le sujet n’est donc pas seulement de moins gaspiller l’eau chez soi. C’est aussi de savoir où la ville permet de boire dehors. Entre la carte, les fontaines communales, les rampes temporaires et les gourdes redistribuées, l’eau publique s’évalue désormais à hauteur de rue : trouver le point d’eau, remplir le contenant, signaler la borne cassée.
Sources consultées
- Eau du Grand LyonEau du Grand Lyon se mobilise pour faciliter l’accès à l’eau potable dans l’espace public
- Eau du Grand LyonFontaines : où boire de l’eau dans la Métropole de Lyon ?
- Eau du Grand LyonDistribuer l’eau
- LégifranceSection 1 : Eaux destinées à la consommation humaine à l'exclusion des eaux minérales naturelles
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