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À Villefranche, le fret du Beaujolais tient aussi à ses dalles

Au Port du Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône, plus de 5 millions d’euros de travaux portent sur les dalles, les fondations, les réseaux et les rails.

Dalles portuaires et rails

Au Port du Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône, la modernisation ne passera pas par un grand bâtiment neuf. Elle se joue dans les dalles nord et sud, les fondations, les réseaux et la voie ferrée. C’est moins visible qu’une halle ou qu’un pont, mais c’est ce qui permet à un port fluvial de travailler : porter lourd, stocker, charger, décharger, raccorder la Saône, le rail et la route.

L’avis d’attribution publié le 14 juin donne désormais les titulaires et les montants des trois lots principaux. Eiffage Route Centre Est prend le terrassement et les VRD pour 3,65 millions d’euros, NGE Fondations les fondations spéciales pour 1,15 million d’euros, et la Société insulaire de travaux ferroviaires les voies ferrées pour 274 754 euros. Le total attribué atteint 5,07 millions d’euros. L’opération, validée par la CCI Auvergne-Rhône-Alpes en octobre 2024, avait été plafonnée à 7 millions d’euros, avec 5,6 millions d’euros de subvention de l’État et jusqu’à 1,4 million d’euros d’emprunt.

Le calendrier explique pourquoi ce marché mérite mieux qu’une lecture de commande publique. Les contrats ont été conclus le 29 avril 2025 et les travaux sont annoncés jusqu’à fin février 2027. Le nouvel avis ne lance donc pas l’idée : il fixe plus clairement la matérialité du chantier. Le dossier confirme une phase où les objectifs de fret se traduisent en surfaces, en portance et en rails utilisables.

Le site n’est pas anecdotique dans l’économie locale. Le Port du Beaujolais annonce 36 hectares, dont 12 hectares de darse et 6 hectares de port public, un quai de 320 mètres résistant à 10 tonnes par mètre carré, et un embranchement sur la ligne fret Paris-Lyon-Marseille avec 14 kilomètres de voies ferrées desservant les zones industrielles. Ses chiffres clés affichent 1,85 million de tonnes de marchandises manutentionnées, dont 900 000 tonnes par voie d’eau et 50 000 tonnes par voie ferrée.

Le Beaujolais que l’on voit ici n’est pas celui des coteaux. C’est celui des grumes, des engrais, des sables, des graviers, des métaux, des caisses, des palettes, des big bags et des colis hors gabarit. Medlink Ports présente Villefranche PK41 comme une solution multimodale au nord de Lyon, avec 6 000 m² d’entrepôts couverts, 25 000 m² de stockage extérieur et trois filières fortes : bois, métallurgie et vracs solides.

Cette géographie lourde compte parce que le report du fret vers le fleuve et le rail ne dépend pas seulement de grands discours nationaux. Le rapport remis au Premier ministre sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône rappelle que le bassin Rhône-Saône génère environ 6 millions de tonnes de fret fluvial, mais que le trafic fluvial de conteneurs y a reculé de 40 % depuis 2015, passant de 103 000 EVP à 62 000 EVP en 2024. Le corridor existe, les ambitions aussi, mais les flux ne basculent pas tout seuls.

À Villefranche, l’investissement relève donc d’une logique assez sobre : garder un outil portuaire capable de supporter les charges, d’accueillir les marchandises et de faire vivre le lien entre la Saône, les zones industrielles et le rail. Dans un pays qui veut moins dépendre du camion, une partie de la réponse se joue rue Denis-Papin, sur des dalles capables de porter ces charges.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPTravaux de modernisation du Port du Beaujolais, dalles nord et sud et voie ferrée, avis d’attribution n° 26-58123
  2. CCI Auvergne-Rhône-AlpesDélibération du 16 octobre 2024 concernant la demande d’autorisation d’emprunt pour la réalisation de travaux au Port du Beaujolais
  3. Port fluvial de Villefranche-sur-Saône / CCI BeaujolaisPort fluvial
  4. Port fluvial de Villefranche-sur-Saône / CCI BeaujolaisInfrastructures
  5. Ministère de la Transition écologiqueLa gouvernance de l’axe MeRS, rapport remis au Premier ministre par Augustin de Romanet