La Métropole de Lyon lance un marché de quatre ans pour suivre, diagnostiquer et moderniser les équipements de ses voies rapides et de ses tunnels. L’enveloppe estimée atteint 7,8 millions d’euros hors taxes. Le marché couvre des diagnostics réglementaires, des audits de sécurité, des études, des programmes de travaux, du suivi de chantier, des expertises et des inspections détaillées des tunnels.
Le sujet n’a pas l’éclat d’un grand chantier. Pas de nouvel ouvrage, pas de ruban à couper. Mais ce marché touche à l’une des parties les plus sensibles de la circulation lyonnaise : l’infrastructure invisible qui permet aux tunnels et aux voies rapides de rester ouverts, surveillés et utilisables.
Dans les documents de la Métropole, le périmètre des voies rapides et tunnels renvoie notamment à M6, M7, au boulevard Laurent-Bonnevay, au boulevard urbain sud, à la D302 vers l’est lyonnais, ainsi qu’aux tunnels de Fourvière, Croix-Rousse, Brotteaux-Servient, Vivier-Merle, Tchécoslovaques et rue Terme. Le PC COMET, installé côté Saône du tunnel de Fourvière, est chargé de ces tunnels et voies rapides urbaines. Il fonctionne 24 h sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, pour gérer six tunnels et 45,4 km de voies rapides.
Un tunnel urbain n’est pas seulement un tube de béton. C’est une chaîne d’équipements : barrières, ventilation, désenfumage, éclairage, signalisation dynamique, vidéos, liaisons radio, serveurs industriels, postes opérateurs. Une délibération de 2022 décrivait déjà un système informatique réparti sur deux sites, avec 25 serveurs et 17 commutateurs haut débit reliant les ouvrages. Elle votait alors 5,95 millions d’euros TTC pour traiter l’obsolescence, renouveler des équipements datant de 2011 et mettre le système en conformité sur la cybersécurité.
La dépendance n’est pas théorique. En décembre 2023, plusieurs fermetures nocturnes avaient été liées à une succession imprévue d’arrêts maladie dans l’équipe de nuit du PC COMET. Le communiqué de la Métropole précisait que cette supervision était indispensable à la sécurité du trafic. Autrement dit, la circulation ne tient pas seulement à l’état de la chaussée. Elle tient aussi à des opérateurs disponibles, des logiciels maintenus, des caméras qui remontent l’image, des panneaux qui affichent la bonne consigne et des procédures qui déclenchent vite une intervention.
Le sujet diffère de la gestion logicielle des bouchons autour de Lyon. Sagacité aidait à comprendre le pilotage du trafic. Le marché VRT parle davantage du maintien technique du réseau : inspecter, diagnostiquer, programmer les travaux, suivre les équipements qui ferment une voie, évacuent un usager, ventilent un ouvrage ou transmettent une alerte.
L’arbitrage est concret. On peut réduire la place de la voiture en ville, développer les transports collectifs et transformer les anciens axes autoroutiers. Mais tant que Fourvière, Croix-Rousse, Bonnevay, M6 ou M7 restent dans l’ossature quotidienne de la métropole, leur sécurité dépend d’une maintenance continue. À Lyon, une partie de la route se joue donc loin du pare-brise, dans les locaux techniques, les serveurs et les écrans du PC COMET.
Sources consultées
- La Centrale des MarchésÉvolution et maintenance des équipements sur le périmètre des voies rapides et des tunnels (VRT) de la Métropole de Lyon
- AW Solutions / Marchés publicsConsultation 25-VRT-06
- Métropole de Lyon / AGORADélibération CP-2023-2005, dépannage et évacuation des véhicules sur les voies rapides
- Métropole de Lyon / AGORADélibération CP-2022-1357, maintien en conditions opérationnelles du système d’information des tunnels et voies rapides
- Métropole de LyonPlan intercommunal de sauvegarde 2025, version publique
- Métropole de LyonRetour au fonctionnement 24h/24 de tous les tunnels de la Métropole à partir du 23 décembre 2023