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Dans le Pays de L’Arbresle, l’autopartage cherche les trajets qui lui manquent

Le Pays de L’Arbresle consulte les habitants sur un possible autopartage, pour cerner les trajets où une voiture partagée serait vraiment utile.

Voiture partagée près d’une gare

Une deuxième voiture peut dormir six jours sur sept et rester indispensable le septième. Pour rejoindre une gare, aller à un rendez-vous médical ou garder une marge de liberté quand le bus ne tombe pas au bon moment. Le sujet commence là : quand la voiture sert trop peu pour être rentable, mais trop pour disparaître.

La Communauté de communes du Pays de L’Arbresle a mis en ligne une enquête auprès des habitants sur le développement potentiel d’un service de voitures partagées. Le questionnaire est anonyme. Il doit servir à mieux connaître les habitudes de déplacement, les difficultés du quotidien et les besoins auxquels une voiture réservée à l’heure ou à la journée pourrait répondre.

Aucun véhicule, aucune station, aucun opérateur ne sont encore annoncés. La collectivité teste la demande. Dans un territoire de 17 communes, près de 39 000 habitants et plus de 16 000 ménages, la question ne se résume pas à « pour ou contre la voiture ». Elle devient beaucoup plus concrète : quels trajets nécessitent une voiture, sans justifier forcément d’en posséder une de plus ?

Le Pays de L’Arbresle n’est pas un désert de mobilité. Il assemble déjà cinq gares, deux lignes ferroviaires vers Lyon, Tarare, Roanne ou Lozanne, huit lignes régulières TCL, des aires de covoiturage, une offre vélo et un service de mobilité solidaire. Après l’unification du réseau TCL dans le Rhône, l’autopartage poserait une autre question : non plus seulement comment se déplacer tous les jours, mais comment accéder ponctuellement à une voiture quand les autres solutions ne suffisent pas.

Un service utile devra répondre à des usages modestes, mais assez réguliers pour faire vivre une voiture partagée. Une voiture près d’une gare pour finir un trajet. Un véhicule disponible en centre-bourg pour une demi-journée. Un utilitaire occasionnel pour éviter d’acheter ou de garder une voiture trop grande. Une solution fiable pour un ménage qui hésite à abandonner une seconde voiture. À l’inverse, l’autopartage ne remplacera pas un trajet quotidien mal desservi, ni le besoin d’une voiture toujours disponible devant la maison.

Même un habitant sceptique a intérêt à répondre. Répondre ne revient pas à soutenir un slogan écologique. Cela permet de dire où le service serait inutile, trop loin, trop cher, trop compliqué ou au contraire précieux. Le succès dépendrait de détails très matériels : emplacement des stations, distance à pied acceptable, réservation simple, assurance comprise, entretien assuré, prix lisible, nombre suffisant d’usagers autour d’un même véhicule.

L’enjeu économique n’est pas secondaire. Selon l’ADEME, une voiture en autopartage en boucle peut remplacer plusieurs voitures individuelles et permettre des économies annuelles pour les usagers qui roulent peu. Mais ces chiffres n’ont de sens localement que si le service épouse les vrais trajets du territoire. Dans le Pays de L’Arbresle, l’autopartage ne gagnera pas par principe. Il gagnera s’il tombe au bon endroit, au bon prix et pour les bons usages.

Sources consultées
  1. Communauté de communes du Pays de L’ArbresleMobilité : donnez votre avis sur l’autopartage
  2. Communauté de communes du Pays de L’Arbresle / LimeSurveyEnquête pour le développement potentiel de l’autopartage sur le territoire de la CCPA
  3. Communauté de communes du Pays de L’ArbresleSe déplacer
  4. InseeComparateur de territoires, CC du Pays de l’Arbresle
  5. ADEME InfosAutopartage : jusqu’à 1 000 € d’économies par an