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À Saint-Antoine, Lyon redescend vers la Saône

Autour de Saint-Nizier et du quai Saint-Antoine, Lyon transforme un ancien secteur de parking en promenade, halte fluviale et jardin au bord de la Saône.

Quai Saint-Antoine vers la Saône

À Saint-Antoine, le changement se lit presque en coupe. Le parking visible a disparu. Le stationnement est descendu sous terre. Au-dessus, les places Saint-Nizier et d’Albon ont gagné de l’air. En bas, au bord de la Saône, Lyon attend encore la dernière pièce: une promenade et un jardin fluvial annoncés pour l’été 2026.

Le chantier change surtout la façon d’utiliser le quai. Sur quelques centaines de mètres, entre la rue Grenette, le pont Maréchal-Juin et la passerelle du Palais-de-Justice, la Presqu’île change de mode d’emploi. On ne doit plus seulement y passer, se garer ou longer l’eau. On doit pouvoir descendre vers la Saône, marcher, attendre un bateau, rejoindre les commerces, s’arrêter sans quitter le centre-ville.

Le projet des Terrasses de la Presqu’île couvre deux hectares autour des places Saint-Nizier et d’Albon, du quai Saint-Antoine et des bords de Saône. Le nouveau parking souterrain Saint-Antoine, 787 places sur cinq niveaux, a été livré en 2021. L’ancien parking a ensuite été démoli pour laisser place à un jardin fluvial de 8 500 m², long d’environ 400 mètres, au plus près de l’eau.

La livraison de cette partie basse a pris du retard pour une raison très matérielle: le mur de rive historique s’est affaissé sur environ 50 mètres au nord du pont Maréchal-Juin. Le chantier a été interrompu début 2024, puis repris avec des travaux de confortement réalisés depuis la Saône. Micropieux, tirants inclinés, matériel sur barge: avant de rendre le quai aux promeneurs, il fallait d’abord tenir le bord du fleuve.

Saint-Antoine tient justement parce que le projet touche à l’usage quotidien du centre. La transformation du centre lyonnais se joue ici dans des choses très concrètes: où passent les piétons, où arrivent les bus, comment les livraisons continuent, comment les riverains accèdent au secteur, comment les commerces restent joignables, comment un fleuve redevient un lieu de transport.

La halte Navigône, livrée en 2025 dans le cadre du projet, ajoute une pièce assez rare au tableau. Depuis juin 2025, la navette fluviale relie Vaise-Industrie à Confluence par la Saône. La ligne doit monter en puissance avec quatre bateaux électriques intégrés au réseau TCL. Saint-Antoine ne sera donc pas seulement un quai agréable devant Fourvière. Ce sera aussi un arrêt de transport public, avec embarquement presque au pied de la Presqu’île commerçante.

Autour, la zone à trafic limité change aussi les habitudes. Les bornes sont abaissées chaque jour de 6h à 13h pour les livraisons, l’accès aux parkings reste maintenu et les quais ne sont pas inclus dans le périmètre strict. Cette nuance compte: Lyon ne ferme pas simplement le centre comme on pose une barrière. Elle essaie de réduire la place de la voiture sans casser ce qui fait vivre la Presqu’île.

Saint-Antoine devient ainsi un bon résumé du défi lyonnais: rendre le centre plus respirable sans le transformer en décor pour cartes postales. Le test sera très concret: flâner, traverser, livrer, commercer, rouler en bus, accoster, habiter encore le quartier.

La réussite se verra dans un geste simple. Descendre vers l’eau, marcher au bord de la Saône, prendre ou regarder passer Navigône, puis remonter vers les commerces sans avoir l’impression de sortir du centre. Si le quai y parvient, Saint-Antoine aura fait mieux que gagner des arbres: il aura rendu un peu de ville au fleuve, et un peu de fleuve à la ville.

Sources consultées
  1. Métropole de LyonRives de Saône - Terrasses de la Presqu’île
  2. Métropole de LyonTerrasses Presqu’île : point d’avancement
  3. Métropole de LyonLyon - Presqu’île à vivre
  4. SYTRAL MobilitésNavettes fluviales
  5. Ville de LyonLa zone à trafic limité en Presqu’île