Sur la rive droite du Rhône, le fleuve est tout près, mais il faut encore souvent composer avec les voies, les feux, les traversées et le bruit avant de pouvoir s’arrêter. Entre les ponts de Lattre de Tassigny et Gallieni, la Métropole de Lyon veut changer ce réflexe sur 2,5 km de quais.
Le projet prévoit une promenade-jardin, quatre terrasses plantées à Grôlée, Morand, Poncet et Hôtel-Dieu, des belvédères, l’ouverture de bas-ports, 1 200 arbres et 30 000 m² de plantations. Plus de la moitié de l’espace serait réservée aux déplacements à pied ou à vélo, avec moins de place pour la voiture, mais des accès maintenus pour les riverains et l’activité commerciale de la Presqu’île.
Le dossier était presque prêt à passer du plan au chantier. L’enquête publique a eu lieu en juin et juillet 2025. L’autorisation environnementale a été délivrée en février 2026. Les travaux devaient commencer le 30 mars, avant d’être suspendus par la nouvelle présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, le temps d’un échange avec le maire de Lyon, Grégory Doucet, sur les modalités et les conséquences du projet.
Cette pause montre le vrai sujet. Une promenade-jardin ne se juge pas seulement au nombre d’arbres ni aux images de quais apaisés. Sur ce morceau de centre-ville, chaque mètre a déjà un usage: bus, livraisons, accès riverains, pistes cyclables, terrasses, traversées piétonnes, circulation vers la Presqu’île. Pour élargir les cheminements, il faut réorganiser les accès, les arrêts, les livraisons et les flux.
L’Autorité environnementale a d’ailleurs demandé d’anticiper la coordination des chantiers qui affectent la circulation et la vie quotidienne autour des quais. Elle relève aussi des points à suivre sur le bruit, l’air, les reports de trafic et les effets du chantier. Ce n’est pas un refus du projet. C’est le rappel assez simple qu’un quai plus agréable doit aussi fonctionner les jours de semaine, sous la pluie, à l’heure des livraisons et quand les bus passent.
À Confluence, le Jardin du Rhône ouvre déjà un autre morceau de berge à des usages de pause. Sur la rive droite centrale, l’échelle est plus nerveuse: le projet touche à l’un des passages les plus quotidiens de Lyon.
Le dessin existe. L’autorisation aussi. Il reste la partie que les vues d’architecte règlent mal: faire tenir, dans le même couloir urbain, les arbres, les vélos, les bus, les livreurs, les riverains et ceux qui veulent juste marcher au bord de l’eau. Avant de poser les bancs, il va falloir décider qui passe où.