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PFAS dans l’eau : lire les nouveaux chiffres sans se perdre dans le tableau

Eau du Grand Lyon publie ses résultats PFAS et TFA du premier trimestre 2026. Commune, ressource, seuils : comment lire les données sans confusion.

Robinet et tableau d’eau potable

On peut chercher sa commune dans le tableau, tomber sur des microgrammes par litre, puis refermer la page en se disant que l’eau potable parle une langue bien à elle. Les nouveaux résultats PFAS et TFA publiés par Eau du Grand Lyon valent surtout si l’on sait dans quel ordre les lire.

Premier réflexe : ne pas regarder seulement le nom de la commune. L’eau du robinet dépend d’un secteur d’alimentation, donc d’une ressource : Crépieux-Charmy pour une grande partie de la métropole, Ternay ou la Saône pour d’autres secteurs, parfois avec des mélanges ou des interconnexions. Le chiffre local raconte autant le trajet de l’eau que l’adresse de l’abonné.

Le repère réglementaire principal concerne la somme de 20 PFAS suivis dans l’eau potable. La limite de qualité est fixée à 0,1 microgramme par litre. Au premier trimestre 2026, Eau du Grand Lyon indique que 22 campagnes d’analyses ont été menées sur l’ensemble de la métropole, dans le cadre de ses contrôles internes et du contrôle sanitaire de l’Agence régionale de santé.

Givors, Grigny et Solaize donnent le meilleur exemple local. Ces communes recevaient une eau achetée au Syndicat d’eau potable Rhône-Sud, issue du secteur de Ternay, où les taux de PFAS dépassaient le seuil réglementaire. Depuis janvier 2026, après l’installation de filtres à charbon actif à l’usine Rhône-Sud, les analyses indiquent un retour sous la limite de qualité.

Le deuxième indicateur, le TFA, demande une autre lecture. L’acide trifluoroacétique, ou TFA, est suivi à part. Il ne fait pas partie des 20 PFAS réglementés dans l’eau potable. Au premier trimestre 2026, 35 campagnes d’analyses ont été réalisées. La France retient pour l’instant une valeur sanitaire indicative de 60 microgrammes par litre, avec une trajectoire de réduction vers moins de 10 microgrammes par litre.

La nuance n’est pas cosmétique. Un résultat sur les 20 PFAS peut se lire au regard d’un seuil réglementaire. Un résultat sur le TFA relève encore d’une surveillance de précaution, en attendant un cadre sanitaire plus stabilisé. Mélanger les deux donne vite un mauvais diagnostic, dans un sens comme dans l’autre.

Depuis 2026, leur suivi devient plus régulier dans l’eau potable. À Lyon, cela transforme un sujet chimique très vaste en question pratique : quelle ressource alimente ma commune, quel composé est mesuré, et sous quel seuil le résultat est lu ?

Après un premier état des lieux sur les PFAS dans l’air, l’eau et les rejets industriels, ce nouveau tableau a une utilité plus simple : il permet de vérifier son robinet sans demander un diplôme de toxicologie. Ce serait une idée charmante, mais peu pratique au petit déjeuner.