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À Bron-Parilly, le futur pôle numérique devra être plus qu’un signal

À Bron-Parilly, le futur pôle numérique doit ouvrir dix ans de transformation urbaine, entre centre de données, reconditionnement et utilité locale.

Pôle numérique à Bron-Parilly

À l’angle du périphérique et de l’A43, l’ancienne barre UC1 n’est plus là. C’est sur cet emplacement, au nord de la ZAC Bron-Parilly, que la Métropole de Lyon veut installer l’un des premiers bâtiments visibles de la transformation du quartier : un pôle numérique responsable, comprenant un centre de données et, à terme, une activité de reconditionnement informatique.

Dans beaucoup de projets urbains, le numérique reste un mot-valise. À Bron-Parilly, il prend une forme plus précise. Le centre de données doit être construit sur un terrain de la Métropole par le groupement Oui.do/Things, sélectionné après consultation. Un bail à construction est prévu. Le bâtiment est annoncé comme peu énergivore, avec refroidissement à eau en circuit fermé et matériaux de seconde vie. Il devra aussi jouer un rôle concret : faire écran acoustique entre les infrastructures routières et les futurs logements du nord de la ZAC.

L’intérêt du projet tient moins à son étiquette numérique qu’à sa double fonction : installer une activité économique et servir de protection acoustique pour les futurs logements. À Bron-Parilly, le pôle numérique n’est pas seulement présenté comme une vitrine économique. Il doit s’insérer dans une transformation de 37 hectares, inscrite dans le renouvellement urbain national, avec 706 logements neufs annoncés, des réhabilitations, des commerces et services en rez-de-chaussée, un pôle d’équipements publics autour de Jean-Macé, et près de 20 hectares d’espaces publics requalifiés. L’investissement total annoncé atteint 177,4 millions d’euros, dont 35,45 millions d’euros de subvention de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.

Le risque serait que le pôle numérique change surtout l’image du quartier, sans changer assez ses usages. Bron-Parilly n’a pas seulement besoin d’un symbole capable de modifier sa réputation. Il a besoin d’activités lisibles, d’emplois accessibles, de services, de parcours plus sûrs, de logements qui tiennent mieux, d’espaces extérieurs utilisables. Le secteur reste un quartier prioritaire : le périmètre 2024 de Parilly compte 4 526 habitants, avec un taux de pauvreté de 53 % et plus d’un jeune de 16 à 25 ans sur cinq ni scolarisé ni en emploi. Dans ce contexte, la partie reconditionnement informatique sera à suivre de près : ordinateurs repris, testés, réparés, remis en circulation, avec un lien possible avec le travail local, la formation et la réparation.

La Métropole avance aussi un argument de souveraineté et de sobriété pour des PME et collectivités locales. Le sujet est réel, mais il appelle de la précision. Le mot « responsable » sera à vérifier dans le temps : les centres de données représentent déjà 2,2 % de la consommation électrique nationale, et l’Arcep observe une hausse rapide de leurs besoins en énergie et en eau. À Bron-Parilly, cette promesse devra donc se mesurer dans les consommations, les matériaux, l’exploitation et, si possible, dans l’utilité locale.

Bron-Parilly regarde à la fois le parc, les grands axes et les zones économiques de l’Est lyonnais. Le quartier appartient aussi à la Grande Porte des Alpes, avec ses zones économiques, le campus, Eurexpo, l’aéroport de Bron et les grands accès. Le vrai test ne sera donc pas seulement de savoir si le quartier accueille un bâtiment numérique. Ce sera de savoir si ce bâtiment rend le quartier plus habitable, plus actif et plus utile à ceux qui y vivent.