Près du pont Pasteur, au sud de Confluence, il y a ce bout de rive que l’on longe plus facilement qu’on ne l’habite. Le Rhône est là, le musée des Confluences aussi, mais le site reste coincé entre le fleuve, la M7 et les grands passages d’entrée de ville. Le chantier qui démarre doit lui donner une vraie fonction.
La Métropole de Lyon annonce le lancement de l’aménagement du Jardin du Rhône, sur 8 775 m². Les travaux doivent durer environ un an, avec une livraison prévue au printemps 2027. Ici, il ne s’agit pas du grand linéaire de la rive droite du Rhône, entre les ponts de Lattre de Tassigny et Gallieni, mais d’un secteur précis de Confluence, près du pont Pasteur.
Le projet cherche surtout à rendre fréquentable un endroit aujourd’hui peu hospitalier. Au sud, un parvis-forêt doit accueillir un parcours d’activités et un skatepark de 550 m². Au centre, la Métropole prévoit des usages plus ordinaires: bancs, arceaux vélo, fontaine à boire, éclairage discret, parcours d’équilibre. Au nord, une friche alluviale jardinée sera moins éclairée, notamment pour préserver les castors déjà observés sur place.
Ce dernier détail évite de réduire l’opération à une simple végétalisation. Un bord de Rhône n’est pas seulement une bande à embellir. C’est un lieu de passage, de pause, de fraîcheur, mais aussi un milieu vivant. La réussite du jardin se jouera dans des choses très simples: pouvoir s’asseoir, traverser clairement, boire de l’eau, trouver de l’ombre, faire du skate, attendre quelqu’un sans avoir l’impression d’être posé au bord d’un échangeur.
Le futur jardin s’inscrit aussi dans le travail engagé autour du Champ, le bois urbain de six hectares développé à Confluence, où se trouvent déjà Caterpilou et la Station Mue. Il s’ajoute à d’autres projets qui rapprochent peu à peu le quartier de son eau, comme la future baignade naturelle dans la darse de Confluence. La question n’est pas seulement de regarder le fleuve, mais de savoir ce que l’on peut faire à côté.
Le Jardin du Rhône aura donc un test assez concret au printemps 2027. Entre le fleuve et la M7, donnera-t-il vraiment envie de rester? Si oui, ce ne sera pas seulement un nouveau carré vert sur plan. Ce sera un morceau de Confluence qui aura enfin trouvé autre chose à proposer que “circulez”.