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La Métropole de Lyon achète des ordinateurs de seconde vie

Un marché de 7,6 millions d’euros prévoit l’achat de matériel informatique de seconde vie et des réparations pour prolonger son usage.

Illustration - ordinateur reconditionné sur bureau

Un écran encore utilisable, un ordinateur qui peut repartir après réparation, un téléphone remis à niveau: la sobriété numérique commence souvent par ces objets ordinaires. La Métropole de Lyon vient de publier un marché qui prend cette logique au sérieux. Elle veut acheter du matériel informatique issu du réemploi ou de la réutilisation, et prévoir les réparations nécessaires pour le maintenir en état de marche.

Le contrat pèse 7,6 millions d’euros hors taxes sur quatre ans. Il est découpé en deux lots: 6,4 millions d’euros pour les ordinateurs et périphériques, 1,2 million pour les téléphones mobiles et les tablettes. Les offres doivent être déposées avant le 18 mai à 17h. Le marché doit démarrer le 1er juillet 2026.

Le détail important n’est pas seulement l’achat de matériel de seconde vie. C’est la place donnée à la capacité de tenir la promesse. Dans l’analyse des offres, le prix compte pour 40%. L’organisation du candidat pour répondre aux volumes, préparer le matériel et assurer les réparations compte pour 45%. La performance environnementale pèse 15%. En clair: il ne suffit pas d’afficher du “numérique responsable”. Il faut livrer, garantir, réparer, remplacer quand il le faut, et éviter que la bonne intention ne devienne un problème pour les services utilisateurs.

Le marché arrive dans une métropole où le reconditionnement informatique n’est pas une idée abstraite. La Métropole de Lyon recense déjà plusieurs acteurs engagés dans cette filière, parmi lesquels AFB, Ecodair, Emmaüs Connect, Envie, e-Recycle, Trira ou Weeefund. À Rillieux-la-Pape, un regroupement autour de l’économie circulaire montre aussi que cette activité existe déjà sur le territoire.

Ce tissu compte, car le réemploi informatique ne fonctionne pas avec de simples machines “pas trop vieilles”. Il dépend de parcs professionnels récupérés proprement, de données effacées, de pièces testées, de batteries surveillées, d’équipements remis à niveau et d’une maintenance capable de suivre. Pour une collectivité, un ordinateur reconditionné doit rester un outil de travail fiable, pas un symbole vertueux posé sur un bureau.

Le cadre national pousse dans le même sens. Depuis 2025, l’État et les collectivités doivent orienter 50% de leurs matériels informatiques réformés vers le réemploi ou la réutilisation. À Lyon, ce principe prend ici une forme très concrète: des postes, des écrans, des téléphones, des réparations, des délais et un marché ouvert à des prestataires capables d’en faire une activité régulière.

C’est aussi ce qui distingue ce dossier d’une simple ligne d’avis public. Après les marchés lyonnais du printemps, celui-ci montre une autre facette de la dépense publique: moins visible qu’un chantier, mais très parlante. Acheter moins neuf, ce n’est pas seulement décider autrement. C’est vérifier que toute la chaîne suit, de l’effacement des données jusqu’au dernier écran réparé.