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Ambroisie dans le Rhône: en mai, tout se joue au ras du sol

Avant les pollens de fin d’été, l’ambroisie est encore une plante discrète. Dans le Rhône, c’est maintenant qu’il faut agir.

Jeune ambroisie en bord de chemin

Au début de mai, l’ambroisie n’a pas encore l’air d’un problème de santé. Elle peut sortir d’une terre nue, au bord d’un chemin, d’un talus routier, d’un chantier, d’une friche ou d’un jardin fraîchement retourné. Quelques feuilles vertes, rien de spectaculaire. Justement: c’est le moment où elle est encore simple à traiter.

La Métropole de Lyon a rappelé, lundi 4 mai, que la lutte contre l’ambroisie commence maintenant, pendant sa période de croissance. Attendre la fin de l’été revient à la laisser gagner une partie de la manche. La plante fleurit en août, et ses pollens deviennent particulièrement gênants de la fin août au début septembre. Chez les personnes sensibles, ils peuvent provoquer rhinite, conjonctivite, toux, asthme, urticaire ou eczéma.

Dans le Rhône, l’ambroisie est déjà installée. L’arrêté préfectoral de 2019 classait la quasi-totalité du département en zone de forte infestation pour l’ambroisie à feuilles d’armoise. Atmo Auvergne-Rhône-Alpes situe aussi l’axe rhodanien parmi les zones régionales les plus concernées. Ce n’est donc pas seulement une affaire de champs ou de chemins de campagne. La plante aime les sols perturbés: terres remuées, bords de voirie, parcelles en attente, berges, friches industrielles, zones de travaux.

Le geste n’est pas le même selon que le plant pousse chez soi, sur un talus public ou dans une grande friche. Sur sa propriété, la Métropole conseille d’éviter les sols nus, d’occuper le terrain avec d’autres végétaux et de détruire l’ambroisie avant floraison, avec des gants. Si quelques plants sont repérés hors de chez soi, l’arrachage avant floraison reste possible avec les mêmes précautions. Si la zone est importante, le bon réflexe est de la signaler sur la plateforme nationale Signalement Ambroisie ou, dans la métropole, via Toodego.

Le signalement sert à quelque chose de très concret: localiser un foyer et le faire remonter vers la commune ou les référents ambroisie. Ces référents font le lien entre le terrain, son propriétaire ou gestionnaire, et l’intervention à organiser. La lutte n’a rien de spectaculaire. Elle se joue plutôt parcelle par parcelle, avant que la plante ne monte en graines et ne diffuse son pollen.

C’est là que l’ambroisie devient un sujet collectif. Le pollen circule dans l’air, mais le problème commence toujours quelque part, sur un terrain précis. Un propriétaire, une copropriété, une entreprise de travaux, un gestionnaire de voirie, une commune ou un exploitant agricole peuvent tous avoir une part du problème entre les mains. L’arrêté préfectoral impose aux acteurs concernés d’empêcher la pousse, de signaler la plante, de la détruire avant floraison et d’éviter la dissémination des graines, notamment lors des chantiers et des déplacements de terre.

La mécanique est simple: une plante ignorée au printemps peut devenir, à la fin de l’été, une allergie partagée par des habitants qui n’ont jamais vu le terrain d’où elle vient. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que la région est la plus touchée de France par la prolifération de l’ambroisie et que plus de 20 % de la population régionale est exposée à ses pollens.

Pour un habitant du Rhône, le levier reste pourtant très ordinaire: regarder les terres nues, arracher quand c’est possible avec des gants, signaler quand la zone dépasse le simple geste de jardinage. En mai, l’ambroisie se voit encore au ras du sol. C’est le moment où l’on peut agir avec une paire de gants, avant qu’elle ne devienne un pollen dans tout le quartier.