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Médecins et pharmaciens à diplôme étranger: la fenêtre du 30 avril dans le Rhône

L’ARS prolonge jusqu’au 30 avril le dépôt 2026 pour l’attestation d’exercice provisoire des médecins et pharmaciens à diplôme étranger.

Illustration - Vue d’un hôpital lyonnais avec des soignants en déplacement

Un établissement qui veut recruter un médecin ou un pharmacien formé hors Union européenne ou hors Espace économique européen a jusqu’au 30 avril inclus pour déposer une demande d’attestation d’exercice provisoire. Passé ce délai, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes indique qu’aucune demande ne sera acceptée avant la seconde fenêtre de 2026, prévue du 1er août au 1er octobre. La démarche ne relève pas du candidat seul: elle doit être portée par l’établissement employeur. (Auvergne Rhône-Alpes Santé)

Cette attestation ne permet pas d’ouvrir un cabinet. Elle autorise un exercice temporaire et encadré, comme praticien associé contractuel temporaire, dans certains établissements publics, privés à but non lucratif, sociaux ou médico-sociaux. Le professionnel doit s’engager à passer les épreuves nationales de vérification des connaissances. Côté médecine, les spécialités soumises à avis régional incluent notamment la médecine générale, la gériatrie, les urgences, l’anesthésie-réanimation, la psychiatrie, la pédiatrie, la radiologie et plusieurs spécialités chirurgicales. (Auvergne Rhône-Alpes Santé)

Dans le Rhône, l’enjeu est concret. Le bassin lyonnais concentre des hôpitaux, des services spécialisés, des pharmacies hospitalières et des établissements médico-sociaux. Les Hospices civils de Lyon mettent en avant environ 24 000 professionnels. Cette densité donne de la puissance au territoire, mais elle crée aussi des besoins continus de recrutement qualifié. (Team HCL)

Le nouveau zonage médical régional rappelle que la tension ne concerne pas seulement les territoires isolés: 78 % des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes vivent désormais dans une zone classée sous-dense pour l’accès aux médecins généralistes. L’attestation provisoire ne répond pas directement à cette difficulté, puisqu’elle ne permet pas l’exercice libéral. Elle agit ailleurs: dans les services, les équipes de garde, les structures médico-sociales et les établissements qui doivent stabiliser leurs plannings. (Auvergne Rhône-Alpes Santé)

Le levier est administratif, mais le mouvement est plus large. Au 1er janvier 2025, la France comptait 237 200 médecins en activité. La part de ceux qui ont obtenu leur diplôme à l’étranger est passée de 7 % en 2012 à 11 % en 2025. Dans les pays de l’OCDE, les médecins formés à l’étranger représentaient en moyenne 20 % des effectifs médicaux en 2023, contre 16 % en 2010. (DREES)

Le même enjeu existe côté pharmacie. La France comptait 74 600 pharmaciens en activité début 2025, un effectif de nouveau en hausse depuis deux ans. La part des pharmaciens salariés atteint 63 %, signe d’un métier de plus en plus présent dans des organisations collectives, et pas seulement dans l’officine indépendante. Dans un établissement, un pharmacien hospitalier ou un médecin manquant, c’est une permanence plus difficile à tenir, une équipe moins stable, une organisation qui compense. (DREES)

Le 30 avril n’est donc pas une formalité. Pour les établissements du Rhône qui ont un candidat prêt, c’est la différence entre lancer maintenant une embauche encadrée ou reporter le dossier à l’été. La procédure ne remplace ni la formation locale, ni l’attractivité des métiers, ni une meilleure répartition des soignants. Mais elle évite de laisser des compétences disponibles au bord du système, faute d’avoir franchi la bonne porte au bon moment.