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La Métropole de Lyon veut renforcer le nettoiement en véhicules électriques

Un marché de 4,5 millions d’euros doit renforcer le nettoiement de l’espace public métropolitain avec des véhicules électriques.

Illustration - nettoiement électrique à Lyon

La Métropole de Lyon prépare un marché estimé à 4,5 millions d’euros hors taxes pour renforcer le nettoiement de l’espace public avec des véhicules électriques. L’avis de préinformation publié au Bulletin officiel des annonces de marchés publics annonce un futur appel d’offres, attendu début juin. Derrière la ligne administrative, le sujet est très concret : rues lavées, tags effacés, mobilier décrassé, dépôts traités plus vite.

Le marché annoncé couvre le territoire métropolitain. Il vise des prestations spécialisées : lavage à haute pression à eau chaude, décapage hydraulique, décrassage de surfaces, effacement ou recouvrement de graffitis, préparation des zones avant intervention. Ce n’est pas le nettoyage courant des rues. C’est le niveau au-dessus, celui qu’on mobilise quand les tournées ordinaires ne suffisent plus.

La Métropole dispose déjà d’une machine conséquente : 1 170 agents affectés au nettoiement, dont environ 900 sur le terrain, 13 000 corbeilles de rue et 300 véhicules. Le baromètre propreté-voirie 2025 indique aussi une amélioration nette de la perception des habitants : 78 % disent avoir une bonne impression de la propreté de leur quartier, contre 64 % en 2022. Mais les irritants restent les mêmes : dépôts sauvages, déjections canines, tags, salissures récurrentes sur les lieux très passants.

Le renforcement annoncé intervient donc dans un moment intéressant. La propreté n’est plus seulement une affaire de civisme ou de coups de balai. Dans une métropole dense, c’est une organisation de précision : signalements, tournées, matériel, horaires, suivi des interventions, coordination avec les communes. Un trottoir très fréquenté, une place de marché, une station de transport ou un mur tagué ne se traitent pas avec les mêmes moyens.

L’autre enjeu est l’électrification. Pour des véhicules de service qui roulent lentement, s’arrêtent souvent et interviennent parfois tôt le matin, l’électrique peut réduire les nuisances les plus immédiates : bruit moteur, fumées, odeurs, émissions locales. Ce n’est pas une solution magique. Les pneus, le freinage et l’usure de la chaussée continuent de produire des particules. Mais pour le nettoiement urbain, le gain d’usage est réel si l’exploitation suit : autonomie suffisante, recharge fiable, véhicules disponibles quand les équipes en ont besoin.

La contrainte ne vient pas seulement de Lyon. Les collectivités françaises doivent intégrer une part croissante de véhicules à faibles émissions dans leurs renouvellements de flotte : 40 % entre 2025 et 2029, puis 70 % à partir de 2030. La Métropole a donc intérêt à transformer cette obligation en avantage opérationnel plutôt qu’à la subir au fil des achats.

Le cahier des charges final dira jusqu’où va l’ambition : nombre de véhicules, secteurs prioritaires, délais d’intervention, critères environnementaux, suivi des résultats. C’est là que l’on verra si le marché ajoute des prestations ou installe une méthode plus efficace pour traiter les points noirs.

À ce stade, le signal est clair : la Métropole met de l’argent sur un service que tout le monde juge en marchant dans la rue. Moins spectaculaire qu’un tramway ou qu’un grand chantier, mais souvent plus visible au quotidien.