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Métropole de Lyon: à Saint-Fons, la rénovation biologique dit le vrai prix de l’assainissement

À Saint-Fons, la Métropole prépare la rénovation du cœur biologique de sa station d’épuration, un chantier révélateur du coût réel de l’assainissement.

Illustration - station d’épuration en rénovation

Métropole de Lyon: à Saint-Fons, la rénovation biologique dit le vrai prix de l’assainissement

Le marché publié le 21 avril ne lance pas encore les travaux eux-mêmes. Il prépare leur pilotage. La Métropole de Lyon cherche une assistance à maîtrise d’ouvrage pour suivre la rénovation du traitement biologique de la station d’épuration de Saint-Fons, en huit tranches, avec une mission estimée à 620 000 euros hors taxes sur une durée prévisionnelle de 76 mois. Ce n’est plus un signal faible. Le chantier entre dans sa phase d’organisation concrète.

Ce choix concerne bien plus qu’un seul site. Saint-Fons est l’une des grosses machines de l’assainissement lyonnais. La station a été mise en service en 1977, rénovée en 1996, puis étendue en 2011 pour le traitement tertiaire et pluvial. Sa capacité atteint 983 333 équivalents-habitants et 554 000 mètres cubes par jour. À l’échelle de la métropole, les 12 stations ont traité en moyenne 410 000 mètres cubes par jour en 2024. On parle donc d’un maillon central, pas d’une installation secondaire.

Le point dur est là: la Métropole indique que Saint-Fons est non conforme sur plusieurs paramètres de rejet en sortie, notamment les matières en suspension, la pollution chimique et la pollution organique. C’est précisément ce que la filière biologique est censée abattre avant rejet dans le milieu naturel. Quand cette brique vieillit, le problème n’est pas théorique. En 2024, la station a reçu 73,9 millions de mètres cubes d’eaux usées et produit 14 310 tonnes de matières sèches de boues. À cette échelle, une installation qui fatigue finit par se voir dans la qualité du traitement, dans l’exploitation quotidienne et dans la facture de remise à niveau.

Le chantier dit aussi quelque chose de très concret sur la dépense publique invisible. Avant les bassins refaits et les équipements changés, il faut des années de préparation, d’ingénierie et de suivi. Le budget primitif 2026 de la Métropole prévoit 33,5 millions d’euros pour la réhabilitation, la sécurisation et le développement des stations d’épuration du territoire, plus 3,2 millions pour le gros entretien des 12 stations. L’assainissement, ce n’est pas seulement des tuyaux qu’on remplace après casse. Ce sont aussi des usines à maintenir, moderniser et remettre aux normes avant que le retard ne coûte plus cher.

Le cadre européen pousse d’ailleurs dans le même sens. La directive révisée sur les eaux résiduaires urbaines, publiée fin 2024, durcit les exigences sur l’azote et le phosphore, introduit de nouvelles obligations sur les micropolluants dans certaines zones à enjeux, renforce la surveillance et met les stations de 10 000 équivalents-habitants et plus sur une trajectoire de neutralité énergétique. Le chantier de Saint-Fons ne résume pas à lui seul cette montée en gamme. Mais il rappelle une chose simple: pour garder un grand territoire propre en aval, il faut des stations fiables, modernisées à temps, et des millions d’euros que le public ne voit presque jamais.