Le musée Lugdunum entre dans une phase concrète de rénovation. La Métropole de Lyon a publié le 16 avril un marché pour la maîtrise d’œuvre de la rénovation de l’enveloppe extérieure et intérieure du bâtiment Zehrfuss. Les offres sont attendues jusqu’au 26 mai. La mission est estimée à 110 000 euros hors taxes, pour 24 mois, avec un démarrage prévisionnel en octobre 2026. Ce n’est pas encore le marché de travaux, mais c’est le moment où un dossier sort vraiment du papier.
Le besoin, lui, est identifié depuis longtemps. Dans une délibération de 2023, la Métropole expliquait que le musée n’avait jamais connu de restauration d’ensemble en cinquante ans. Elle pointait des façades en béton dégradées, des reprises extérieures qui ont altéré la lecture du bâtiment, des menuiseries devenues peu performantes et des infiltrations d’eau autour de l’oculus de l’escalier hélicoïdal. La même délibération fixait à 1,4 million d’euros l’opération de rénovation patrimoniale, avec 1,3 million inscrits sur 2025, et ajoutait 100 000 euros pour une étude de programmation architecturale et muséographique jusqu’en 2026 afin de revoir un parcours permanent conçu entre 1966 et 1971 et désormais en décalage avec les attentes actuelles du public.
Le sujet dépasse donc l’entretien d’un bâtiment. Lugdunum est un musée qui tourne fort. Il a attiré 169 238 visiteurs en 2024 après un record déjà établi en 2023 à 158 397 visiteurs, et son site des théâtres romains approche le million de visiteurs sur l’année. Rien n’indique à ce stade une fermeture imminente. Le musée continue sa programmation, avec l’exposition C’est canon ! jusqu’au 7 juin 2026 et les Journées européennes de l’archéologie les 13 et 14 juin. Plus le site attire, moins la question de son confort, de son étanchéité et de ses usages peut être repoussée.
L’autre enjeu est celui du patrimoine du XXe siècle. Construit à partir de 1972 et inauguré le 15 novembre 1975, le bâtiment de Bernard Zehrfuss a été conçu pour s’enfouir dans la colline de Fourvière plutôt que s’imposer au paysage. Il est aujourd’hui labellisé Architecture contemporaine remarquable. Ce label concerne des édifices de moins de cent ans qui présentent un intérêt architectural ou technique particulier, et 1 392 immeubles, ensembles, ouvrages d’art et aménagements en bénéficient en France. Rénover Lugdunum, ce n’est donc pas simplement remettre à neuf. C’est améliorer un équipement public très fréquenté sans effacer ce qui fait sa singularité.
Le vrai test est là. Lyon doit réparer un musée très visité, mieux protégé contre l’eau et les pertes d’énergie, plus lisible et plus agréable pour le public, sans banaliser une architecture qui compte dans son histoire culturelle. Ce marché ne dit pas encore tout du chantier à venir. Il dit au moins une chose nette: la Métropole ne peut plus laisser ce dossier dormir.