Tiques et chenilles processionnaires: les bons réflexes à adopter ce printemps dans le Rhône
Dans le Rhône, le risque de printemps ne s’arrête pas aux bois et aux sentiers. À Lyon, la surveillance menée depuis 2019 par la Ville, la Métropole, VetAgro Sup et l’INRAE a retrouvé des tiques dans les parcs suivis, même si les densités restent très faibles dans les sites les plus urbains. Pour les chenilles processionnaires du pin, la saison sensible est aussi bien là: à la fin de l’hiver et au début du printemps, elles quittent leurs nids, descendent au sol et peuvent se retrouver sur les chemins, dans les parcs ou près des habitations.
Le sujet dépasse le simple rappel saisonnier. L’Agence régionale de santé rappelle que l’Auvergne-Rhône-Alpes fait partie des régions françaises les plus touchées par la maladie de Lyme et par l’encéphalite à tiques. À l’échelle européenne, les autorités sanitaires rappellent que les tiques restent actives du printemps à l’automne, surtout dans les zones herbeuses et boisées. Pour les processionnaires, le mouvement va dans le même sens: leur extension géographique est favorisée par le réchauffement climatique. En clair, la nature de proximité n’est pas devenue dangereuse. Elle demande juste un peu plus d’attention qu’avant.
Pour les tiques, le bon réflexe n’est pas la peur, c’est la routine. Vêtements couvrants, inspection au retour, vérification des enfants et des animaux, puis retrait rapide avec un tire-tique. Le programme CiTIQUE donne une idée utile de l’exposition réelle: entre 2017 et 2024, 49 % des piqûres signalées ont eu lieu en forêt, mais 23 % dans les jardins. Les enfants sont plus exposés que la moyenne. Après morsure, il faut retirer la tique sans attendre, sans éther ni alcool, puis surveiller pendant plusieurs semaines l’apparition d’une plaque rouge qui s’étend, ou de signes comme la fièvre et des douleurs inhabituelles. L’ARS rappelle aussi qu’en France une tique sur cinq est porteuse de la bactérie responsable de la maladie de Lyme.
Pour les chenilles processionnaires, la logique est différente. Ici, il ne faut ni approcher ni manipuler. Le danger vient de leurs poils urticants, capables de provoquer irritations, démangeaisons, atteintes des yeux ou troubles respiratoires. Chez les animaux, surtout les chiens, c’est plus sérieux encore. L’Anses indique que l’exposition passe souvent par le léchage ou la prise en gueule, avec un risque de lésions buccales et, dans les cas graves, de nécrose de la langue si la prise en charge tarde. La règle est donc simple: on tient enfants et chiens à distance, on ne touche ni les chenilles ni les nids, et en cas d’exposition d’un animal, on appelle vite un vétérinaire. Le territoire commence aussi à répondre plus sérieusement. À Lyon, la Ville met en avant des actions de lutte contre les processionnaires dans ses espaces verts, avec nichoirs à mésanges et autres dispositifs de limitation. Dans le Rhône, la préfecture a inscrit en 2026 un projet d’arrêté préfectoral relatif à la lutte contre les chenilles processionnaires à l’ordre du CODERST, le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. Côté tiques, les plateformes de signalement et les outils de prévention donnent enfin aux communes et aux habitants des moyens plus concrets qu’un simple “soyez prudents”.
Le plus utile, donc, n’est ni de dramatiser ni de hausser les épaules. Dans le Rhône, le printemps demande quelques réflexes de plus: regarder sa peau au retour, garder un tire-tique à portée, éviter toute manipulation des nids et ne pas laisser un chien flairer une procession au pied d’un pin. Ce n’est pas compliqué. C’est souvent ce qui évite les ennuis.