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Africolor : du Noël malien de Saint-Denis aux scènes franciliennes

Né en 1989 à Saint-Denis, Africolor revient du 27 novembre au 24 décembre 2026 dans cinq départements franciliens, entre héritage malien, créations musicales et ateliers.

Illustration de musiciens autour d'une kora

Le 5 décembre, à Goussainville, des élèves du conservatoire municipal ouvriront le concert du musicien malien Ballaké Sissoko. Avant de partager la scène avec cet héritier de deux lignées de griots, ils auront travaillé le chant, les percussions et les récits entourant la kora, instrument à cordes d’Afrique de l’Ouest.

En 1989, Africolor avait commencé au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis par trois soirées musicales, dont la dernière le 24 décembre. Le directeur du théâtre, Jean-Claude Fall, en avait confié l’organisation au journaliste musical Philippe Conrath. La chanteuse malienne Nahawa Doumbia figurait au programme. Selon le récit publié pour les trente ans du festival, quelque 500 Maliens avaient fait la queue devant ce théâtre qu’ils n’avaient jamais fréquenté, à la surprise des organisateurs.

Dès 2002, Africolor s’étendait à douze villes de Seine-Saint-Denis. Sa 38e édition, du 27 novembre au 24 décembre 2026, propose 22 rendez-vous dans quinze communes, réparties entre Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise. Le rendez-vous de Noël accueille désormais des créations qui revisitent les répertoires africains sans chercher à les conserver intacts.

Retour au théâtre où tout a commencé

Le 17 décembre, Africolor retrouvera le Théâtre Gérard-Philipe avec Génération A., une création dirigée par la chanteuse et altiste Nina Tonji. Le spectacle revisite l’héritage des années 1990, lorsque les nuits du festival accueillaient Angélique Kidjo, Femi Kuti, Oumou Sangaré ou encore Nahawa Doumbia.

Autour de Nina Tonji, une nouvelle génération d’artistes reprend hymnes, berceuses et répertoires anciens en convoquant aussi bien le funk et le blues que la musique classique. Portée par des musiciens afrodescendants qui créent en France, cette production puise dans plusieurs histoires musicales.

Le spectacle passera le lendemain à la Maison de la musique de Nanterre, où les réservations pour le 18 décembre sont ouvertes, de 10 à 32 euros selon les tarifs.

À Montreuil et Clichy-sous-Bois, chacun reprend le fil

À Montreuil, l’artiste Sara Pascoal Ferreira anime des ateliers d’arts plastiques à la maison de quartier des Ramenas autour du musicien camerounais Francis Bebey. Les œuvres des participants seront exposées au Théâtre Berthelot, où le violoncelliste Bruno Ducret et trois autres interprètes proposeront le 12 décembre une relecture acoustique de compositions marquées par l’expérimentation électronique. Les enfants de Bebey, Kidi et Patrick, participeront le même jour à une rencontre gratuite à la bibliothèque Robert-Desnos.

À Clichy-sous-Bois, des élèves de CM2 de l’école Paul-Vaillant-Couturier préparent avec la chanteuse Manda Sira une déambulation de chants et de danses autour du Mali. Le 4 décembre, l’Espace 93 accueillera aussi Mali Kó, une création qui réinterprète des chansons maliennes des années 1960 aux années 2000 avec des sonorités R&B.

Le 24 décembre à Bobigny, le traditionnel Noël mandingue réunira Djessou Mama Diabaté, grande voix guinéenne issue d’une lignée de griots, et le guitariste Moh ! Kouyaté, avant les rythmes électroniques d’Électro Mafé. Un repas est compris dans les billets, proposés de 5 à 20 euros sur la billetterie du Noël mandingue.

Trente-sept ans après les premières soirées de Saint-Denis, le Noël mandingue se poursuivra salle Pablo-Neruda, à Bobigny, autour des musiciens, des familles et des plats servis pendant la fête.

Sources consultées
  1. AfricolorProgrammation du festival 2026
  2. AfricolorAfricolor a 30 ans !
  3. PolitisAfricolor, les sons neufs de l'Afrique
  4. AfricolorActions culturelles
  5. AfricolorGénération A., Nina Tonji
  6. AfricolorNoël mandingue, Koroya et Électro Mafé