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Chikungunya : neuf cas dans le Grand Paris, dont huit remontent à l'été

Deux foyers de chikungunya sont clos à Coubron et Nogent-sur-Marne. Un troisième reste suivi à Saint-Maur-des-Fossés. Comment fonctionne la surveillance locale ?

Illustration - Moustique tigre dans le Grand Paris

Le chikungunya a circulé cet été à Coubron, en Seine-Saint-Denis, sans que la commune figure dans les précédents bilans nationaux. Ses deux cas apparaissent dans celui du 28 octobre, alors que les personnes concernées ont développé leurs symptômes les 23 août et 1er septembre. Le foyer est déjà considéré comme clos.

Sur les neuf cas locaux recensés en 2026 dans trois communes franciliennes, huit remontent à août ou début septembre. La date de publication d’un bilan sanitaire ne suffit donc pas à mesurer la circulation actuelle du virus.

Trois foyers, deux calendriers

Dans le Val-de-Marne, six cas de chikungunya ont été recensés dans un foyer à Nogent-sur-Marne, avec des symptômes apparus entre le 16 et le 29 août. Ce foyer est clos, comme celui de Coubron.

À Saint-Maur-des-Fossés, également dans le Val-de-Marne, un cas a été identifié avec un début des symptômes le 8 octobre. Cet épisode reste classé non clos au 26 octobre.

Selon la surveillance européenne de l’ECDC, un foyer peut être considéré comme clos 45 jours après le début des symptômes du dernier cas, si aucun nouveau cas n’est apparu. Ce délai couvre notamment la durée pendant laquelle un moustique infecté pourrait encore transmettre le virus, puis l’incubation chez une nouvelle personne. Un épisode non clos n’implique donc pas nécessairement que des contaminations continuent.

La Seine-Saint-Denis apparaît pour la première fois dans la liste nationale des départements concernés le 28 octobre. Mais cette date ne permet pas de déterminer quand les cas de Coubron ont été signalés aux autorités sanitaires.

Une surveillance qui se joue à l’échelle du quartier

Lorsqu’un médecin ou un laboratoire signale un cas de chikungunya, l’Agence régionale de santé recherche notamment les déplacements de la personne et les endroits où elle a pu être exposée aux piqûres. Des opérateurs examinent ensuite la présence de moustiques tigres et déterminent les interventions nécessaires.

Le traitement insecticide n’est pas systématique. En Île-de-France, durant la saison 2025, 219 enquêtes entomologiques avaient conduit à seulement 20 traitements contre les moustiques adultes, réservés aux situations présentant un risque élevé de transmission.

À Nogent-sur-Marne, un premier cas a été confirmé le 19 août et annoncé par la mairie le 26 août. Plusieurs démoustications ont ensuite été réalisées dans un rayon de 150 mètres autour des domiciles concernés. Une intervention supplémentaire, début septembre, a entraîné la fermeture préventive du parc Dagobert pendant une journée.

Ce périmètre limité correspond au comportement du moustique tigre, qui se déplace généralement peu. Il permet de concentrer les interventions sur les lieux où la transmission est susceptible de se poursuivre, plutôt que de traiter indistinctement toute une ville.

La rapidité du signalement reste toutefois essentielle. Pour les cas importés de dengue, de chikungunya et de Zika recensés en 2025, le bilan régional relevait un délai médian de dix jours entre les premiers symptômes et la réception du signalement médical par l’ARS, contre 16,5 jours pour les signalements transmis par les laboratoires. Des délais importants pour des virus dont la transmission peut se poursuivre avant même que les autorités soient alertées.

Au 26 octobre, l’épisode de Saint-Maur-des-Fossés, identifié après l’apparition de symptômes le 8 octobre, reste le seul des trois foyers franciliens encore sous surveillance.

Sources consultées
  1. Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin du 28 octobre 2026
  2. Santé publique FranceSurveillance sanitaire en Île-de-France. Bulletin du 28 octobre 2026
  3. Santé publique FranceArboviroses en Île-de-France, bilan de la surveillance renforcée en 2025
  4. Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)Seasonal surveillance of chikungunya virus disease in the EU/EEA
  5. Ville de Nogent-sur-MarneCas de chikungunya à Nogent : ce que l'on sait, ce qui est fait
  6. Ville de Nogent-sur-MarneDémoustication étendue, 8 septembre 2026