
À Massy, le Centre Pompidou Francilien ouvre exceptionnellement les portes d’un musée qui n’a pas encore reçu ses collections. Les 24 et 25 octobre, puis les 31 octobre et 1er novembre, le public pourra découvrir gratuitement les réserves, les ateliers et l’architecture de ce bâtiment de 30 000 m², avant son ouverture permanente prévue en mars 2027.
La visite promet une expérience inhabituelle : découvrir les coulisses d’un musée avant l’arrivée de ses œuvres. Derrière une grande fenêtre donnant sur les réserves, quelques sculptures de Jean Dubuffet, Marcel Duchamp, Joan Miró et Germaine Richier donnent déjà un avant-goût de ce qui attend le bâtiment. Le reste des espaces est encore largement vide.
645 semi-remorques pour déménager une collection nationale
Selon Alexia Fabre, directrice du Centre Pompidou Francilien, le transfert des quelque 150 000 œuvres du Musée national d’art moderne mobilisera 645 semi-remorques et s’étalera sur deux ans.
Les réserves actuelles, situées dans le nord de Paris, sont devenues trop étroites. Le nouveau site de Massy accueillera 13 000 m² de réserves et 4 000 m² d’ateliers, dans un bâtiment conçu pour faciliter la conservation, la restauration et les mouvements des œuvres.
Tout y est pensé en fonction de leur fragilité, de leur poids et de leurs dimensions. Les pièces les plus lourdes seront installées au rez-de-chaussée, les œuvres de moyen format aux niveaux intermédiaires et les plus légères, notamment les dessins, au deuxième étage.
Les métiers habituellement invisibles du musée y seront réunis : restaurateurs, régisseurs, spécialistes de l’encadrement ou de l’emballage. La conservation d’une œuvre suppose aussi de contrôler la lumière, l’humidité, la température et les manipulations. La visite permet notamment de découvrir la centrale de traitement d’air, avec son impressionnant réseau de tuyaux.
Conserver les œuvres, et montrer comment
Le Centre Pompidou ne déménage pas intégralement de Paris à Massy. Son bâtiment de Beaubourg, fermé pour rénovation jusqu’en 2030, conservera sa vocation de musée. L’Essonne accueillera durablement une autre partie de son activité : la conservation des collections, leur étude et leur restauration.
Une partie de ce travail sera désormais accessible aux visiteurs.
Depuis le hall, une fenêtre permettra d’observer les mouvements d’œuvres dans les réserves des grands formats. Des ateliers et des rencontres présenteront les gestes des professionnels. Un plateau d’exposition de près de 1 500 m² accueillera deux expositions annuelles puisant dans les collections du musée.
L’exposition inaugurale de mars 2027, intitulée « 150 000 ! La fabrique du musée », doit précisément raconter la constitution de cette collection, l’histoire matérielle des œuvres et les métiers qui les préservent.
Les 150 000 pièces ne seront donc pas simultanément exposées. Beaucoup resteront conservées dans les réserves, mais le public pourra découvrir une partie de ce travail habituellement invisible.
De Beaubourg aux quartiers de Massy
Le bâtiment conçu par Philippe Chiambaretta et son agence PCA-Stream reprend un détail familier de Beaubourg : son escalier extérieur en zigzag. À Paris, la célèbre « chenille » domine la Piazza. À Massy, l’escalier est en bois et mène à un belvédère de 1 500 m² donnant sur le parc de la Blanchette et son lac.
Massy possède déjà son opéra et la salle de musiques actuelles Paul B. Des collaborations avec le Centre Pompidou ont commencé avant même son ouverture.
En octobre, quatre artistes associés au projet Massyrama ont présenté « Faire avec », une création participative issue de 33 jours passés dans plusieurs quartiers, de Villaine à Massy-Opéra. Avec les habitants, ils ont fabriqué du mobilier collectif, partagé des repas et rassemblé photographies, dessins et récits. L’initiative, menée avec la ville et le Centre Pompidou Francilien, donne un exemple de ce que peut produire la rencontre entre une institution nationale et la vie quotidienne massicoise.
Les 24 et 25 octobre seront consacrés à la nature et au territoire, avec notamment un atelier d’écriture collective autour de la Bièvre. Les 31 octobre et 1er novembre mettront le collectif à l’honneur, avec des propositions artistiques et des ateliers de construction destinés aux enfants.
Comment découvrir le bâtiment ?
Les visites « Prélude ! » sont organisées les 24 et 25 octobre, puis les 31 octobre et 1er novembre 2026, de 10 h à 19 h. Des visites guidées sont programmées toutes les 30 minutes, entre 11 h et 18 h.
L’entrée est gratuite, mais la billetterie officielle exige la présentation d’un billet. Les créneaux du samedi 24 octobre étaient tous affichés comme indisponibles lors de notre consultation du 21 octobre. Il faut donc vérifier les disponibilités pour chaque date et réserver son billet gratuit sur le site du Centre Pompidou avant de se déplacer.
L’accès piéton se fait au 4, avenue du Noyer-Lambert, depuis le quartier Massy-Opéra. L’accès automobile est situé au 6, avenue du Maréchal-Koenig. En transports en commun, le RER B dessert la gare des Baconnets, d’où il est possible de poursuivre en bus.
Pour ceux qui pourront entrer, c’est l’occasion de découvrir un musée dans un état qu’il ne retrouvera plus : ses espaces de conservation encore presque nus, quelques sculptures derrière leur grande fenêtre et, au sommet de l’escalier de bois, la vue sur le parc de la Blanchette.
Sources consultées
- Centre PompidouCentre Pompidou Francilien – fabrique de l'art, à Massy
- Centre Pompidou, Pompidou+Alexia Fabre : « Au Centre Pompidou Francilien, les publics découvriront la vie secrète des œuvres. »
- Centre PompidouPrélude ! 3 week-ends gratuits pour découvrir le futur Centre Pompidou Francilien à Massy
- Centre PompidouCentre Pompidou Francilien – fabrique de l'art
- Centre PompidouBillet Prélude – Centre Pompidou Francilien
- Ville de MassyFAIRE AVEC – L'Odyssée de Massy