
En Seine-et-Marne, dans les Yvelines, en Essonne et dans le Val-d’Oise, de nouvelles exploitations agricoles touchées par la sécheresse peuvent désormais prétendre à une aide de 2 000 €. La condition décisive : consacrer plus de 35 % de leur surface agricole à certaines cultures de printemps. Un arrêté du 9 octobre ouvre cette catégorie du fonds d’urgence de l’État et prolonge les demandes jusqu’au 30 octobre 2026.
Pourquoi le seuil de 35 % change la donne
Pour une exploitation de 100 hectares, il faut plus de 35 hectares consacrés à des cultures éligibles : maïs, tournesol, betterave sucrière, lin, lentilles, pois de printemps ou certains légumes de plein champ, notamment. Les céréales à paille, les pommes de terre, les oignons et les échalotes ne comptent pas. Les surfaces sont vérifiées à partir des déclarations PAC 2026. La liste complète des cultures admises figure dans les critères du guichet de demande.
Certaines de ces cultures sont encore en développement pendant les épisodes de sécheresse estivale.
En juillet, l’Île-de-France n’a reçu que 4,2 mm de pluie en moyenne, soit 7 % de la normale. Dès août, les services agricoles régionaux estimaient que plus d’un tiers des surfaces de maïs risquaient un rendement inférieur d’au moins 8 % à la moyenne décennale.
Mais le seuil crée aussi une frontière : une ferme comptant 34 % de cultures éligibles ne remplit pas ce critère, contrairement à une voisine à 36 %, même si toutes deux ont subi la sécheresse. D’autres catégories d’aide peuvent toutefois leur être accessibles.
Le forfait ne dépend pas directement du montant des récoltes perdues. Il vise à soutenir la trésorerie pour acheter semences, plants ou fourrages et préparer la prochaine campagne. Le critère des surfaces est facilement vérifiable, mais ne reflète pas toutes les pertes individuelles.
Trois forfaits, mais pas de cumul
Le fonds prévoit désormais trois forfaits non cumulables : 2 000 € pour les exploitations dépassant le seuil de 35 %, 4 300 € pour certaines exploitations spécialisées en difficulté et 8 000 € pour celles suivies par les cellules départementales Réagir. Ces deux derniers montants avaient été annoncés en septembre.
L’arrêté du 9 octobre élargit également les critères d’accès aux 4 300 €, notamment pour le maraîchage, les vergers, la viticulture et certaines autres productions spécialisées.
Une majoration de 1 000 € est toutefois possible lorsqu’un exploitant ou associé a été nouvellement affilié à la MSA entre le 15 mai 2023 et le 15 mai 2026.
Comment demander l’aide avant le 30 octobre ?
L’exploitation doit avoir son siège en Île-de-France, répondre aux conditions d’affiliation principale à la MSA et justifier de difficultés économiques liées aux épisodes de chaleur et de sécheresse.
Une exclusion importante concerne les exploitations ayant déjà bénéficié du fonds d’urgence pour les céréaliers et protéagineux en février 2026. Elles ne peuvent pas recevoir cette nouvelle aide, sauf si elles sont suivies par une cellule Réagir.
Les exploitants concernés peuvent déposer leur demande sur le guichet officiel de l’État. Le formulaire demande notamment une description des difficultés rencontrées. Pour les déclarants PAC, le RIB et l’attestation MSA ne sont pas systématiquement à joindre. Les exploitations suivies par Réagir passent directement par leur direction départementale des territoires.
Les dossiers sont instruits au fur et à mesure, jusqu’à épuisement de l’enveloppe disponible. Le dépôt ne garantit donc pas le versement.
Pour les agriculteurs concernés, la première vérification se fait dans les surfaces déclarées à la PAC en 2026. La demande doit parvenir à l’État au plus tard le vendredi 30 octobre, à 23 h 59.
Sources consultées
- Préfecture de la région Île-de-France / DRIAAFArrêté préfectoral du 9 octobre 2026 modifiant les conditions du fonds de réarmement agricole
- Préfecture de la région Île-de-France / DRIAAFArrêté préfectoral du 23 septembre 2026 relatif au fonds de réarmement agricole
- Démarches numériques de l'ÉtatFonds de réarmement de l'agriculture en Île-de-France face à la sècheresse
- DRIAAF Île-de-France / AgresteNotes de conjoncture de 2026, note d'août