
À Asnières, une malle Louis Vuitton prend forme autour d’une armature en bois. À Paris, une chaussure Berluti naît d’une forme sculptée à la main. Du 16 au 18 octobre 2026, les Journées Particulières de LVMH permettront de découvrir gratuitement ces métiers dans leurs ateliers.
Ces deux visites sont possibles sans réservation, selon les places disponibles. D’autres lieux, comme les ateliers Celine à Paris et les archives photographiques de Paris Match à Levallois-Perret, ouvrent pour la première fois au public, mais uniquement sur inscription.
À Asnières, les malles se fabriquent depuis 1859
Au 17, rue de la Comète, les ateliers Louis Vuitton occupent toujours le site choisi par leur fondateur en 1859. À l’époque, la proximité de la Seine permet de recevoir par bateau le bois de peuplier nécessaire à la fabrication des malles. Le chemin de fer facilite leur expédition vers Paris.
Aujourd’hui, menuisiers, gainiers, artisans du cuir et serruriers y fabriquent des bagages rigides et des commandes spéciales.
Le travail commence par le fût, la structure en bois. Viennent ensuite la toile protectrice, les renforts métalliques, les rivets, les serrures et les finitions intérieures. La malle doit être solide, protéger son contenu et répondre parfois à des demandes inhabituelles.
En 2021, Le Parisien racontait ainsi la fabrication d’une malle conçue pour transporter un télescope et tout le nécessaire d’un pique-nique sous les étoiles. L’atelier a également réalisé les écrins destinés aux médailles des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.
Pendant les Journées Particulières, les visiteurs pourront découvrir cet atelier toujours en activité, la maison familiale aux décors Art nouveau et une sélection de pièces historiques célébrant les 130 ans de la toile Monogram.
À Paris, Berluti montre comment naît une chaussure sur mesure
Au 33, rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement, l’atelier Berluti constitue une autre visite possible sans réservation.
Le parcours annoncé suit la fabrication d’un soulier, de la forme sculptée à la main jusqu’à la patine finale du cuir. Coupeurs, assembleurs, piqueurs et coloristes interviennent successivement.
La forme en bois reproduit les dimensions et le volume du pied : elle sert de modèle pour la coupe et l’assemblage du cuir. La patine, travail de coloration de la matière, apporte ensuite ses nuances à la chaussure.
À Levallois, quinze millions de photographies à préserver
À Levallois-Perret, au 3-9, avenue André-Malraux, Paris Match ouvrira pour la première fois au grand public ses archives photographiques.
Le fonds du magazine, créé en 1949, réunit environ quinze millions de clichés. Actualité politique, guerres, célébrités, événements sportifs : une partie de l’histoire contemporaine y est conservée sous forme de négatifs, de tirages et de diapositives.
Le travail des archivistes ne consiste pas seulement à protéger ces documents. Il faut identifier les personnes, retrouver les circonstances d’une prise de vue, classer les images et les numériser pour les rendre utilisables.
Lors d’un reportage réalisé en 2015, Les Numériques soulignait déjà un paradoxe : les recherches numériques permettent de retrouver rapidement une photographie, mais les images mal référencées risquent de rester invisibles. La connaissance des fonds physiques et la mémoire des archivistes demeurent alors précieuses.
La visite d’octobre se déroulera avec des archivistes et des journalistes photo. Les réservations, obligatoires, ont toutefois été prises d’assaut dès leur ouverture, selon un reportage publié le 8 octobre par Creative Review.
Et les ateliers Celine ?
Autre première ouverture, au 16, rue Vivienne à Paris : les ateliers de prêt-à-porter Celine, installés sous une verrière de 1896 dans l’Hôtel Colbert de Torcy. Les visiteurs inscrits suivront les étapes de fabrication d’un vêtement, du modélisme à la coupe, puis au montage et à la broderie. L’accès est réservé aux personnes disposant d’une réservation.
Comment organiser sa visite du 16 au 18 octobre ?
Les trois vagues de réservation ont eu lieu les 24, 28 et 30 septembre. Pour les expériences soumises à inscription, le carnet officiel des visites et réservations permet de retrouver les conditions d’accès. Aucune disponibilité supplémentaire n’est confirmée.
Deux ateliers restent officiellement accessibles sans réservation, dans la limite des places disponibles.
À Asnières, l’atelier Louis Vuitton ouvre vendredi de 14 h à 19 h, samedi de 9 h à 19 h et dimanche de 9 h à 17 h. Les dernières admissions ont lieu une heure avant la fermeture.
À Paris, l’atelier Berluti ouvre vendredi de 10 h 15 à 16 h, puis samedi et dimanche de 10 h à 19 h. Les dernières admissions ont lieu trente minutes avant la fermeture.
L’entrée est gratuite dans les deux cas, avec présentation d’une pièce d’identité. Les visites sont accessibles dès 8 ans à Asnières et 10 ans chez Berluti. Les mineurs doivent être accompagnés d’un parent ou représentant légal. Asnières est accessible aux personnes en fauteuil roulant ; les ateliers Berluti et les archives de Paris Match ne le sont pas.
À Asnières, dans l’atelier de la rue de la Comète, le bois, le cuir et le métal servent toujours à fabriquer des malles. Certaines sont destinées à voyager. D’autres à protéger une collection, un trophée ou même un télescope.
Sources consultées
- LVMHLors des Journées Particulières, les Maisons de LVMH vous ouvrent (aussi) leurs portes sans réservation
- LVMH / Louis VuittonThe Art of the Trunk and Leather Goods
- Le ParisienLe savoir-faire de la marque Louis Vuitton se transmet depuis 1859 à Asnières
- LVMH / BerlutiThe Secrets of Berluti’s Bootmakers
- LVMH / Paris MatchSpecial Opening of the Photo Archives
- Creative ReviewParis Match opens its photo archives for the first time