
Du 9 au 24 octobre, Jazz sur Seine fête ses quinze ans avec 200 concerts et plus de 450 artistes annoncés dans 30 lieux d’Île-de-France. Derrière les clubs parisiens, le festival fait découvrir une autre géographie du jazz : une ferme rénovée à Évry-Courcouronnes, une salle née d’un bras de fer aux Lilas, un ancien marché couvert à Fontenay-sous-Bois.
Dans ces lieux, on n’attend pas simplement le prochain concert. On y forme des musiciens, on répète, on enregistre, on invente des répertoires.
À Évry, une ferme pour former les musiciens de jazz
Depuis 2023, le Centre des musiques Didier Lockwood occupe la Ferme du Bois Briard, rénovée par Grand Paris Sud. L’ancienne ferme accueille désormais une école de jazz dotée de douze laboratoires de travail, de neuf salles de cours, d’un studio d’enregistrement et d’un club de 120 places. Les étudiants peuvent y travailler sept jours sur sept, de 9 heures à 23 heures.
Le 20 octobre, cette école deviendra un lieu de rencontre internationale. Natalia Kordiak, chanteuse de l’avant-garde jazz polonaise, rejoindra le batteur Grzegorz Masłowski et le percussionniste hongrois Attila Gyárfás pour rencontrer les jeunes talents du centre et partager leurs répertoires.
Le projet Voicingers circule dans une douzaine de pays européens et asiatiques. Pour les élèves, c’est l’occasion de rencontrer des artistes étrangers et de découvrir d’autres approches de l’improvisation. Le concert est à 20 heures, avec des places à 10 euros.
Aux Lilas, un club devenu studio et label
En Seine-Saint-Denis, Le Triton possède une histoire moins paisible que son statut actuel de scène musicale reconnue.
Ses fondateurs, les frères Jean-Pierre et Jacques Vivante, anciens musiciens devenus imprimeurs, racontent avoir affronté trois années d’opposition municipale avant l’ouverture officielle de leur salle en novembre 2000.
Près de vingt-six ans plus tard, Le Triton dispose de deux salles, de studios de répétition et d’enregistrement, d’un label indépendant et d’une plateforme proposant des centaines de concerts filmés. Des artistes peuvent y créer, jouer, enregistrer et publier leur musique. Certains albums du label sont directement issus de cette scène.
Le 23 octobre, Médéric Collignon y retrouvera le saxophoniste Christophe Monniot pour Miles Style, un projet consacré à la période électrique de Miles Davis. Cornet, claviers, basse électrique et batterie prolongeront cette histoire d’un jazz qui emprunte librement au rock et au funk.
À Fontenay, le jazz sous les poutres d’un ancien marché
Dans le Val-de-Marne, Le Nouveau Comptoir, géré par l’association Bulle de culture, occupe une partie de la Halle Roublot, construite en 1928 pour accueillir un marché. Sous les poutres métalliques, ce lieu de création musicale voisine avec un théâtre de marionnettes et un espace d’exposition.
Le 20 octobre à 19 heures, le groupe Shamane y réunira deux guitares électriques, une contrebasse et une batterie. Entrée libre, participation à prix libre : une occasion de découvrir l’improvisation dans une salle de quartier plutôt que dans un grand auditorium.
À Boulogne-Billancourt, La Seine Musicale accueillera le même soir les Gilsons, fils et petits-fils de Gilberto Gil, pour un concert mêlant pop brésilienne, samba et reggae.
Quinze concerts gratuits dans les clubs parisiens
Paris demeure le centre de gravité de Jazz sur Seine. L’association organisatrice, Paris Jazz Club, fête également ses vingt ans. Son réseau compte plus de 130 lieux et festivals adhérents à l’année, même si seuls 30 participent à cette édition.
Le mardi 13 octobre, son Marathon Jazz permettra de passer d’un club à l’autre rue des Lombards. Quinze formations se succéderont dès 20 heures au Sunset, au Sunside, au Baiser Salé, au Duc des Lombards et au Temple Rock Tavern.
L’accès est gratuit, mais il faut réserver un pass Marathon Jazz. L’entrée reste soumise à la capacité des salles, avec priorité aux professionnels de la musique.
Pour attirer d’autres publics, cette édition inaugure également un volet Jazz & Cinéma. En Essonne, l’Espace Marcel Carné de Saint-Michel-sur-Orge projettera The Blues Brothers le 17 octobre à 17 heures. À Paris, des séances jeune public et des ateliers d’éveil musical complètent la programmation.
Le festival s’achèvera le 24 octobre. À Évry, les élèves du Centre des musiques Didier Lockwood disposent des salles de travail de la Ferme du Bois Briard jusqu’à 23 heures, sept jours sur sept.