
Le 6 octobre, les quatre lacs-réservoirs de Seine Grands Lacs fournissaient environ les deux tiers du débit de la Seine et de la Marne. Pourtant, dans le point départemental mis à jour le 28 septembre, la préfecture de Seine-et-Marne renvoie à l’arrêté signé le 25 septembre : le Réveillon et le Fusain y sont classés en crise ; le Petit Morin, le ru d’Ancoeur et l’Yerres en alerte renforcée. Les retenues soutiennent les cours d’eau reliés à leur réseau ; les autres dépendent davantage des pluies et des nappes de leur bassin.
La sécheresse reste étendue. Dans son point régional du 6 octobre, la DRIEAT indique que presque tous les cours d’eau suivis en Île-de-France sont sous le seuil de vigilance, et que plus de 40 % sont sous celui de l’alerte. Entre juin et septembre, le déficit de précipitations a atteint 60 %. À Paris, la Seine avait déjà passé 80 jours sous le seuil de vigilance au 22 septembre. En juillet, son débit est descendu à 62 m³/s, son niveau le plus bas depuis 1990. Le précédent minimum, en 1991, était de 67 m³/s.
Les lacs-réservoirs retiennent une partie des eaux de l’hiver puis les relâchent quand les cours d’eau baissent ; ils contribuent aussi à limiter les crues. Leurs lâchers rejoignent quatre cours d’eau : la Seine, la Marne, l’Aube et l’Yonne. La circulation suit ces axes ; il n’existe pas d’alimentation directe de tous les affluents. Un ruisseau proche de la Marne peut donc rester tributaire des pluies et des nappes de son propre bassin. La DRIEAT décrit le Réveillon, l’Yerres et le ru d’Ancoeur, ainsi que l’Oise, comme très dégradés.
Les nappes souterraines suivent un autre calendrier. Le dernier bulletin hebdomadaire détaillé disponible, daté du 28 septembre, les décrivait pour la plupart comme proches de la moyenne ou modérément basses. Mais leur recharge en 2025-2026 a été courte et faible, concentrée en février, et leur niveau baissait depuis mars. À Buhy, le seuil d’alerte était franchi depuis le début d’août ; à Mareil-le-Guyon et Bréval, des seuils de vigilance l’étaient depuis septembre.
Une averse peut faire monter un ruisseau rapidement sans recharger une nappe. Selon la DRIEAT, l’eau de pluie peut mettre plusieurs semaines, parfois plusieurs années, à atteindre les nappes. Dans son bulletin de 11 h le 7 octobre, Météo-France annonçait des averses à Meaux, avec environ 3 millimètres prévus dans l’après-midi. Le bulletin hebdomadaire du 28 septembre, établi après une semaine sans pluie, ne mesure pas leurs effets. Cette prévision locale ne permet donc pas encore de conclure à une amélioration des débits dans le bassin du Réveillon.
Les seuils de vigilance, d’alerte et de crise servent à fixer des restrictions, qui varient selon le bassin et l’usage. Dans le point départemental du 28 septembre, l’arrêté du 25 septembre classe le Réveillon et le Fusain en crise. Selon le niveau, les mesures peuvent limiter l’arrosage, le remplissage des piscines privées ou le lavage des véhicules hors station professionnelle. Elles ne s’appliquent pas de la même manière à tous les habitants : deux communes proches peuvent relever de règles différentes si elles dépendent de bassins distincts. Les règles distinguent aussi l’origine de l’eau potable. Les habitants peuvent vérifier les restrictions applicables à leur commune et à leur usage sur la page de la préfecture.
Au dernier point départemental consultable, daté du 28 septembre, le Réveillon figurait toujours en crise.
Sources consultées
- DRIEAT Île-de-FranceFace à la sécheresse persistante en Île-de-France
- DRIEAT Île-de-FranceBulletins d’étiage 2026 : publications et calendrier
- DRIEAT Île-de-FranceComprendre la sécheresse en Île-de-France
- Préfecture de Seine-et-MarneSituation climatique des rivières et des nappes d’eau souterraine
- Météo-FrancePrévisions météo pour Meaux