
Le 9 octobre, le Point Fort d’Aubervilliers ouvrira ses halles et son chapiteau à un Banquet Kréol, avec danse, expositions et les tambours d’Akiyo. Le lendemain, trois membres du collectif guadeloupéen seront au Plan, à Ris-Orangis, pour une création avec des artistes franciliens. La 30e édition de Villes des Musiques du Monde commencera dans la ville où tout est né, avant de gagner d’autres scènes franciliennes.
Le premier festival remonte à 1997. Il s’appelle alors Auber’ville des Musiques du Monde et naît au sein de l’Office municipal de la jeunesse d’Aubervilliers, l’OMJA. Les archives municipales en gardent la trace dès cet automne-là. Douze ans plus tard, en 2009, la dixième édition s’étend déjà à dix-sept autres communes, dont Paris. La Courneuve et Épinay-sur-Seine avaient rejoint l’aventure dès 2000 ; une association dédiée est créée en 2003.
Mais le festival ne se joue pas seulement pendant quelques semaines d’automne. Villes des Musiques du Monde travaille aussi avec des enfants et des musiciens amateurs. En 2026, trois classes de Ris-Orangis ont par exemple suivi plusieurs mois d’ateliers de chant avec Serena Fisseau avant de monter sur scène en avril. D’autres projets ont réuni des enfants à Montreuil, Romainville ou La Courneuve. Le concert devient alors l’aboutissement visible d’un travail commencé des semaines auparavant dans une classe ou un centre de loisirs.
Le 10 octobre à Ris-Orangis, les trois artistes d’Akiyo partageront la scène avec des musiciens d’Île-de-France autour du gwoka et du carnaval guadeloupéen. Avant le concert, Astrid Virginie, professeure de créole et cheffe de chœur, animera une rencontre consacrée à la banane, au chlordécone et à leur mémoire dans la chanson guadeloupéenne. La rencontre replacera ainsi le gwoka dans une histoire sociale et environnementale qui accompagne aussi sa transmission musicale.
Du 9 octobre au 8 novembre, cette circulation passera surtout par la Seine-Saint-Denis, mais aussi par Paris, Trappes dans les Yvelines, Ris-Orangis dans l’Essonne et Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine. La programmation et les réservations permettent de suivre les rendez-vous ville par ville.
La dernière soirée ramènera le festival au Point Fort d’Aubervilliers. Elle sera consacrée à Totó la Momposina, grande voix des musiques caribéennes colombiennes, morte en mai à 85 ans. La chanteuse avait vécu à Paris et y avait enregistré son premier album au début des années 1980. Le 8 novembre, sa famille, ses musiciens et ses proches prépareront à Aubervilliers une célébration en musique. Le festival bouclera ainsi sa 30e édition au Point Fort, dans la ville où il avait commencé.