
Un tribunal de proximité n’est pas l’endroit où l’on s’attend à enfiler un casque de réalité virtuelle. C’est pourtant ce qui attend le public à Évry-Courcouronnes le 5 octobre : trois séances pour se retrouver au cœur d’une rixe et en comprendre les mécanismes. À Cergy, le même soir, deux audiences fictives permettront au public de comparer deux traitements d’une même affaire. Deux façons de remplacer, quelques heures durant, l’explication abstraite du droit par une expérience.
La Nuit du droit décline ce principe dans une bonne partie de l’Île-de-France. Créé en 2017 autour de l’anniversaire de la Constitution du 4 octobre 1958, le rendez-vous aura lieu cette année le lundi 5 octobre, le 4 tombant un dimanche. D’un site à l’autre, la porte d’entrée change complètement.
À Melun, la justice se laisse parcourir. Le palais ouvre de 17 h à 21 h avec accès aux salles d’audience, visites guidées, jeu de rôles et procès fictif. Magistrats, greffiers, avocats, conseillers pénitentiaires et éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse doivent aussi présenter leurs métiers. Le public pourra ainsi entrer dans ces pièces sans convocation, audience à suivre ou affaire personnelle à défendre.
À Montreuil, c’est une juridiction entière qui se donne à voir par ceux qui la font fonctionner. Dans son nouveau siège, la Cour nationale du droit d’asile prévoit quatre audiences fictives et des rencontres avec des juges, rapporteurs, secrétaires d’audience, interprètes, avocats ou agents chargés des archives et de l’enregistrement. La soirée met ainsi côte à côte les audiences et les métiers qui les rendent possibles, de l’interprétation au secrétariat.
D’autres lieux choisissent une affaire ou une question précise. À Nanterre, le forum des métiers précédera une conférence sur le pôle national consacré aux « cold cases » et aux crimes sériels, avec magistrats, greffiers, chercheurs et services d’enquête. À Meaux, la projection de « Jusqu’à la garde » servira de point de départ à une discussion sur les violences intrafamiliales. Versailles consacrera sa soirée au droit de se taire. À Paris, le tribunal judiciaire projettera « Le Brio » avant un échange sur la diversité dans les professions juridiques.
Pour plusieurs de ces rendez-vous gratuits, il faut cependant réserver. Les formulaires étaient toujours accessibles le 29 septembre pour les séances en réalité virtuelle d’Évry, la soirée de Nanterre, le tribunal judiciaire de Paris et la rencontre de Versailles. Cergy annonce 100 places sur réservation préalable, sans formulaire visible sur sa page officielle. À Montreuil, l’inscription est obligatoire pour les audiences fictives, mais son adresse n’a pas encore été publiée.
Le 5 octobre, la Nuit du droit ne se ressemblera donc pas d’un département à l’autre. Dans l’Essonne, on mettra un casque. Dans le Val-d’Oise, on rejouera une affaire. En Seine-Saint-Denis, on suivra le travail d’une juridiction du droit d’asile. Et à Melun, il suffira de pousser la porte du palais pour pouvoir s’asseoir dans une salle d’audience sans avoir, cette fois, aucun dossier à y défendre.
Sources consultées
- La Nuit du DroitÉvry-Courcouronnes : CDAD de l’Essonne, Tribunal judiciaire d’Évry, Association ACIAC
- Tribunal judiciaire de Melun / La Nuit du DroitMelun : Tribunal judiciaire, Tribunal administratif, Barreau
- Cour nationale du droit d’asile / La Nuit du DroitMontreuil : Cour nationale du droit d’asile & partenaires
- Université Paris NanterreLa nuit du droit - 5 octobre 2026
- Tribunal administratif de VersaillesNuit du droit 2026 – à vos agendas !
- Tribunal de ParisNuit du droit 2026