Article

Balae : plus de logements pour les agents de l’État, mais la demande reste aspirée par Paris

En 2025, Balae a proposé 3 442 logements sociaux aux agents de l’État en Île-de-France. Paris et les petits logements concentrent pourtant une large part de la demande.

Illustration - logements sociaux franciliens

En 2025, 3 442 logements sociaux ont réellement été proposés aux agents de l’État sur Balae, la bourse qui leur est réservée en Île-de-France. Ils ont suscité 149 993 candidatures, mais celles-ci provenaient de 17 558 personnes, soit 8,5 candidatures chacune en moyenne. Malgré cette pression, 48 % des logements ont dû être publiés plusieurs fois et 2 354 baux ont finalement été signés.

L’offre a augmenté de 37 % en un an. Ce bond traduit toutefois en partie un rattrapage. Depuis 2024, le contingent destiné aux fonctionnaires est géré « en flux » : les bailleurs orientent vers lui une part des logements qui se libèrent, plutôt que de conserver durablement un stock identifié. La première année de la réforme avait apporté trop peu de logements à Balae et la DRIHL a demandé aux bailleurs de combler ce retard en 2025. Dans le même temps, l’ensemble des attributions de logements sociaux franciliens n’a progressé que de 3,1 %.

La difficulté apparaît surtout quand on regarde où vont les candidatures. Paris en recueille 60 479, soit 40 % du total régional. Les seuls T2 parisiens absorbent 18 % de toutes les candidatures Balae alors qu’ils ne représentent que 4,79 % des logements proposés. La pression ne porte donc pas uniformément sur les 3 442 appartements : elle se concentre sur certaines tailles et certaines localisations.

À l’autre bout de la chaîne, certains logements restent sans candidat éligible. En 2025, 110 ont pu être réorientés vers le contingent préfectoral destiné aux ménages mal logés et 324 ont été rendus aux bailleurs. Parmi ces derniers, 198 étaient des T3, soit 61 %. La DRIHL précise que les logements sans candidat qui ne peuvent pas être réorientés vers le contingent des mal-logés en raison d’un loyer trop élevé retournent au bailleur. L’offre Balae affichait, toutes catégories confondues, un loyer moyen de 15,30 euros par m² charges comprises pour 52,47 m².

Pour 235 autres logements, aucune des candidatures transmises au bailleur n’a abouti à un bail. Un refus peut en être la cause, mais aussi l’inéligibilité, des ressources inadaptées ou un dossier administratif incomplet. La généralisation d’une seconde liste de candidats a néanmoins réduit ce nombre de 400 en 2024 à 235 en 2025.

Les chiffres montrent surtout que 3 442 logements ne constituent pas 3 442 solutions interchangeables. Un T2 parisien et un T3 plus cher ailleurs ne rencontrent pas la même demande. Pour l’État, ce contingent sert aussi de levier de logement pour ses agents, la DRIHL le reliant explicitement à leur fidélisation. Il s’inscrit dans une région où près de 934 000 demandes de logement social restaient actives fin 2025.

Depuis le 22 juin 2026, Balae dispose d’une nouvelle interface qui filtre mieux les logements auxquels chaque demandeur est éligible, signale les dossiers incomplets et permet d’annuler une candidature pendant les sept jours de publication. Le prochain bilan montrera si ces changements réduisent le nombre de logements qu’il faut publier une deuxième fois ou rendre aux bailleurs.

Sources consultées
  1. DRIHL Île-de-FranceBilan d’activité 2025 de la bourse aux logements sociaux réservés aux agents de l’État - Balae
  2. DRIHL Île-de-FranceNouvelle bourse Balae !