
Le Mois Kréyol fête ses dix ans en parcourant cinq départements franciliens. Du 22 septembre au 6 décembre, le festival porté par la chorégraphe Chantal Loïal et la compagnie Difé Kako passera par Paris, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
En 2017, la première édition se tenait à Arcueil, Créteil et Paris. On y trouvait déjà ce qui fait aujourd’hui l’identité du festival: danse et écriture, contes, débats sur les langues créoles, exposition autour du gwoka, dictée et marché kréyol. Dix éditions plus tard, l’organisateur annonce une présence dans douze territoires de l’Hexagone, de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane. Il revendique 15 000 spectateurs, contre 1 000 lors des débuts, une fréquentation qui n’est pas documentée par une source indépendante.
En Île-de-France, la programmation s’est étendue à des scènes très différentes. Les 1er et 2 octobre, l’Opéra de Massy accueillera des extraits de trois opéras liés à l’histoire réunionnaise. Le 10 octobre à Ris-Orangis, trois membres d’AKIYO venus de Guadeloupe joueront au Plan avec des artistes franciliens, autour du gwoka, du carnaval et des musiques traditionnelles. Ce rendez-vous est présenté comme une création née d’un travail de transmission entre les musiciens.
À Villetaneuse, cette transmission passera directement par les jambes. Le 7 novembre, un atelier de quadrille précédera un Bal Kréyol à l’hôtel de ville, avec biguine, mazurka, quadrille et haute-taille. Le public pourra donc apprendre dans l’après-midi les pas et les figures qu’il retrouvera sur la piste quelques heures plus tard.
Transmission et création se rejoignent aussi dans le thème de cette dixième édition, « Marronnage et création », qui donne une place particulière à la Guyane et aux mémoires de l’esclavage. Le 18 novembre à Choisy-le-Roi, Chantal Loïal interprétera ainsi Requiem pour Vénus, précédé d’une lecture par Céline Samie d’un extrait de Guyane ou l’esclave marron. Dix jours plus tard, au Tamanoir de Gennevilliers, le chanteur guadeloupéen Morik partagera une soirée consacrée aussi à l’héritage musical du Mauricien Ras Natty Baby.
Paris reste l’un des centres du festival, mais n’en résume plus la carte. Massy accueille l’opéra, Ris-Orangis le gwoka, Choisy-le-Roi une création sur la mémoire coloniale, Gennevilliers des musiques de Guadeloupe et de l’océan Indien. Et à Villetaneuse, le 7 novembre, le quadrille ne sera pas seulement montré sur scène: il faudra d’abord en apprendre les pas.