
Le logement neuf francilien présente un paradoxe. Au deuxième trimestre 2026, 4 703 logements ont été mis en vente, soit 31 % de moins qu’un an auparavant. Les réservations ont moins reculé, de 10 %, mais elles restent limitées à 3 331 logements. Résultat : 21 456 logements sont encore disponibles à la commercialisation, 10 % de plus qu’un an plus tôt.
Au rythme moyen des ventes des douze derniers mois, il faudrait 20,9 mois pour écouler cette offre, contre 15,9 mois au printemps 2025. Cela ne signifie pas que 21 456 appartements terminés attendent une clé et un propriétaire. Dans la définition de la FPI, l’offre commerciale rassemble les logements déjà proposés à la vente, qu’ils soient encore sur plan, en chantier ou déjà livrés. Le détail de cette répartition n’est pas publié pour l’Île-de-France.
Le marché ralentit avant d’avoir absorbé ce qui a déjà été mis sur le marché. Et il ne s’ajuste pas, pour l’instant, par une baisse générale des prix : le collectif neuf s’est vendu en moyenne 5 833 euros le mètre carré au deuxième trimestre, quasiment comme un an plus tôt. La contraction est beaucoup plus spectaculaire du côté des nouveaux lancements commerciaux.
Cette faiblesse commence à rencontrer un deuxième ralentissement, celui de la construction elle-même. La DRIEAT recense au deuxième trimestre une baisse de 9 % des autorisations de logements par rapport au trimestre précédent et de 16 % des mises en chantier. Sur douze mois, le nombre de logements autorisés est aussi repassé sous la barre des 70 000, l’objectif annuel fixé à l’Île-de-France.
Les huit départements ne suivent toutefois pas la même trajectoire. La DRIEAT relève au deuxième trimestre une baisse des autorisations dans quatre d’entre eux, tandis que le volume des mises en chantier reste élevé en petite couronne. Des données Sitadel plus récentes, couvrant mai à juillet 2026, montrent aussi de forts écarts : les autorisations progressent de 52 % sur un an en Seine-Saint-Denis et de 23 % dans les Yvelines, mais reculent de 39 % dans l’Essonne, de 36 % dans le Val-d’Oise et de 30 % dans le Val-de-Marne.
Ces écarts illustrent le décalage entre permis, mise en vente et chantier. Un territoire peut encore construire des programmes autorisés auparavant alors que les nouveaux permis diminuent. Un promoteur peut également avoir obtenu son autorisation sans lancer immédiatement la commercialisation ou le chantier. Entre le besoin de logements, la décision administrative, la vente sur plan, le financement et la livraison, plusieurs années et plusieurs décisions séparent souvent le projet de ses habitants.
Le deuxième trimestre cumule donc deux ralentissements : les logements déjà mis sur le marché se vendent lentement, tandis que permis et mises en chantier reculent. En Seine-Saint-Denis, dans les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise ou le Val-de-Marne, les chiffres divergent fortement, mais c’est bien dans ces permis et ces chantiers départementaux que se dessinera le nombre de logements franciliens effectivement disponibles demain.