
La carte du sous-sol francilien compte beaucoup moins de rouge qu’en début d’année. Sur 419 quais de métro et de RER classés, 141 présentent désormais un niveau faible de particules, 273 un niveau moyen et cinq un niveau élevé. En janvier, Airparif en comptait encore treize dans cette dernière catégorie.
Les cinq quais classés au niveau élevé sont aujourd’hui tous à Paris : Belleville sur la ligne 2, Ourcq, Jaurès et Oberkampf sur la ligne 5, ainsi que Porte de Clichy sur le RER C. Mais le problème et sa surveillance sont bien régionaux. Parmi les neuf sites équipés de mesures permanentes figurent La Défense, dans les Hauts-de-Seine, et Sevran-Beaudottes, en Seine-Saint-Denis.
Le passage de treize à cinq ne signifie toutefois pas que la pollution a été divisée par près de trois. La cartographie combine des mesures réalisées sur les quais et un modèle statistique prenant en compte 19 facteurs, parmi lesquels le trafic, la profondeur, la ventilation, le matériel roulant et le type de freinage. Lorsqu’une nouvelle campagne fournit une mesure réelle, celle-ci peut remplacer l’estimation précédente et modifier le classement. Les huit nouvelles stations de la ligne 14 ne sont pas encore classées, faute de données suffisantes.
Dans le métro, une grande partie des particules est produite par le système ferroviaire lui-même : freinage mécanique, frottement entre roues et rails, puis remise en suspension des poussières au passage des trains. Ventiler ou filtrer permet d’en réduire la concentration. En produire moins permet d’agir plus en amont.
Une partie des investissements porte donc sur les trains. La RATP a achevé en octobre 2025 le déploiement de garnitures de frein moins émissives sur le RER A. De nouvelles semelles sont en développement pour les MF01 des lignes 2, 5 et 9. Le freinage électrique est déjà utilisé à 100 % sur les RER exploités par la RATP et à 70 % sur le métro, avec un objectif de 100 % en 2035.
En parallèle, les opérateurs testent plusieurs moyens de réduire les concentrations dans les stations. Belleville a accueilli une filtration électrostatique. Sur le RER C, Porte de Clichy teste une filtration mécanique et Neuilly-Porte Maillot une filtration à l’eau. À Sevran-Beaudottes, Île-de-France Mobilités a également engagé le déploiement de ventilateurs pour améliorer la circulation de l’air. Depuis 2020, l’autorité organisatrice chiffre à près de 61 millions d’euros ses investissements consacrés à la qualité de l’air souterrain, hors renouvellement des trains.
La nouvelle carte donne donc une image plus favorable du réseau sans permettre de créditer une technologie particulière des huit sorties du rouge. Elle sert surtout à décider où mesurer davantage et où concentrer les travaux. Pour l’instant, cinq quais restent classés au niveau élevé : Belleville, Ourcq, Jaurès, Oberkampf et Porte de Clichy.