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Santé en Île-de-France : huit départements, pas le même problème

Les nouveaux profils de l’ORS montrent pourquoi état de santé, fragilité sociale et accès aux médecins ne dessinent pas une seule carte en Île-de-France.

Carte sanitaire de l’Île-de-France

L’Observatoire régional de santé met en ligne ce 8 septembre des profils construits sur la même grille pour les huit départements franciliens. Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val-d’Oise sont désormais décrits selon les huit mêmes thèmes, de l’état de santé à l’environnement, en passant par la prévention, le vieillissement et l’accès aux soins. Soit 64 fiches pour comparer des territoires qui n’ont pas les mêmes problèmes.

Les chiffres du médecin traitant montrent déjà que l’offre ne suffit pas à expliquer l’accès aux soins. Dans une étude régionale publiée en janvier, l’ORS comptait en 2022 22 % d’adultes sans médecin traitant à Paris et 21,3 % en Seine-Saint-Denis. La proportion était de 15,5 % dans les Yvelines ; les cinq autres départements se situaient entre 17,6 % et 18,6 %. Dans le même temps, l’offre de généralistes reste concentrée dans le cœur de l’agglomération et se raréfie vers certains territoires périphériques de grande couronne. Paris peut donc cumuler beaucoup de médecins et une forte proportion d’habitants sans médecin traitant, tandis que d’autres territoires souffrent davantage de l’éloignement de l’offre. Compter les cabinets ne suffit pas à décrire l’accès réel aux soins.

La carte de l’état de santé est encore différente. En comparant mortalité prématurée, maladies chroniques et défavorisation sociale, l’ORS retrouve les indicateurs les moins favorables notamment en Seine-Saint-Denis, à la périphérie de la Seine-et-Marne et dans l’est du Val-d’Oise. À l’inverse, l’ouest parisien, le centre et le sud des Hauts-de-Seine ou le centre des Yvelines ressortent plus favorablement. L’Observatoire estime que ces écarts suivent davantage le gradient social que la seule répartition géographique de l’offre de soins.

Cette logique territoriale apparaît aussi en périnatalité francilienne : deux habitants du même système régional de santé peuvent cumuler des risques et des difficultés d’accès très différents selon leur territoire.

Les nouveaux profils donnent à l’ARS et à la Région une base commune pour comparer les besoins et construire leurs diagnostics territoriaux. Engagé en 2025, ce travail doit aider à orienter les politiques de soins, de prévention, d’habitat, d’environnement ou de vieillissement selon les réalités locales.

À Paris, la question du suivi par un médecin traitant ne se pose pas comme dans une zone périphérique de Seine-et-Marne ; en Seine-Saint-Denis, l’offre de soins se combine avec des fragilités sociales et sanitaires beaucoup plus lourdes. Une politique régionale peut fixer une direction commune, mais les priorités ne sont pas les mêmes selon qu’il faut améliorer le suivi médical à Paris, l’accessibilité de l’offre dans certains secteurs de Seine-et-Marne ou agir sur un cumul de fragilités sociales et sanitaires en Seine-Saint-Denis.

Sources consultées
  1. Observatoire régional de santé Île-de-FranceProfils socio-sanitaires des départements
  2. Observatoire régional de santé Île-de-FranceLes besoins de santé des Franciliens : état des lieux et perspectives
  3. Observatoire régional de santé Île-de-FranceProgramme d’études 2026