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Agriculture : l’Île-de-France veut doubler le rythme des surfaces irrigables

Après l’été sec, la Région prépare 5 millions d’euros d’aide et veut dépasser 1 000 hectares irrigables supplémentaires par an, malgré la contrainte sur les prélèvements.

Illustration - Irrigation agricole en Île-de-France

La Région Île-de-France a annoncé lundi 7 septembre à Attainville, dans le Val-d’Oise, une enveloppe de 5 millions d’euros pour les exploitations fragilisées par l’été 2026. Cette « aide résilience » doit encore être votée en Commission permanente le 24 septembre. Mais l’annonce contient une mesure plus durable : la Région veut doubler le rythme auquel les terres agricoles franciliennes deviennent irrigables.

L’objectif est de passer d’un peu plus de 500 hectares supplémentaires par an au cours de la dernière décennie à plus de 1 000 hectares par an. L’appel à projets consacré aux systèmes hydrauliques doit être reconduit avec près de 2 millions d’euros annuels, deux fois plus qu’auparavant, et un taux de financement régional porté à 60 %.

L’été 2026 a brutalement rappelé pourquoi. Juillet a été le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré en Île-de-France, avec des températures supérieures de 3,6 °C aux normales. Il n’est tombé que 4,2 mm de pluie en moyenne, soit 7 % de la normale 1991-2020. La sécheresse a notamment dégradé les perspectives du maïs et aggravé une campagne agricole dont la baisse des récoltes était déjà nette en août.

L’irrigation francilienne est presque entièrement une affaire de grande couronne. Lors du recensement agricole de 2020, 34 311 hectares avaient effectivement été irrigués dans la région. La Seine-et-Marne en représentait 21 093, l’Essonne 8 172, les Yvelines 3 716 et le Val-d’Oise 1 155. Ensemble, ces quatre départements concentraient plus de 99 % des surfaces irriguées d’Île-de-France.

Il faut distinguer ces terres effectivement arrosées des surfaces équipées pour pouvoir l’être. En 2020, l’Île-de-France comptait 62 986 hectares irrigables, contre 57 112 dix ans auparavant. L’objectif régional de plus de 1 000 hectares supplémentaires par an prolongerait donc une progression déjà engagée, mais à un rythme environ deux fois plus rapide. L’irrigation reste minoritaire à l’échelle de la région, mais elle devient presque indispensable dans certaines productions : 83 % des exploitations spécialisées en maraîchage ou horticulture irriguaient en 2020.

Cette extension dépend largement d’une ressource invisible. En 2020, 70 % des surfaces irrigables recensées dépendaient des eaux souterraines, via des forages ou des puits. Or l’Agence de l’eau Seine-Normandie cherche parallèlement à stabiliser les prélèvements agricoles à l’horizon 2030, en compensant les nouveaux besoins d’irrigation par des économies chez les utilisateurs déjà équipés.

La Région demande parallèlement à l’État d’assouplir les interdictions de prélèvement agricole en période de tension et souhaite sécuriser deux projets de retenues collectives par an. Développer l’irrigation ne dépendra donc pas seulement des subventions disponibles, mais aussi de la capacité à stocker l’eau, à réduire les consommations existantes et à répartir les prélèvements dans le temps.

Après les récoltes désastreuses de 2024, la Région avait déjà consacré 5,5 millions d’euros à une aide exceptionnelle aux exploitations. Deux ans plus tard, 5 millions sont de nouveau annoncés.

L’investissement hydraulique tente précisément de réduire cette succession de secours. Dans les plaines de Seine-et-Marne et d’Essonne, comme dans les exploitations des Yvelines et du Val-d’Oise, il faudra désormais compter les hectares réellement sécurisés et la quantité d’eau nécessaire pour les irriguer.

Sources consultées
  1. Région Île-de-FranceLa Région Île-de-France lance un Plan régional d’urgence « Puissance agricole » doté de 5M d’euros pour soutenir et renforcer la ferme francilienne
  2. DRIAAF Île-de-FranceNotes de conjoncture de 2026
  3. DRIAAF Île-de-FranceÎle-de-France, irrigation, recensement agricole 2020
  4. Agence de l’eau Seine-NormandieDes solutions pour une agriculture pérenne et sobre en eau
  5. Région Île-de-FranceAide exceptionnelle pour la résilience des exploitations agricoles d’Île-de-France après la pire moisson depuis 40 ans