
Les premiers avis de taxe foncière 2026 arrivent depuis le 27 août. À Paris comme en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise, un même mécanisme agit déjà sur la facture : les valeurs locatives cadastrales des logements progressent automatiquement de 0,8 % cette année. Même avec un taux local inchangé, la cotisation peut donc augmenter.
Le taux communal, lui, se décide beaucoup plus près de chez soi. Chaque commune vote son taux de taxe foncière sur les propriétés bâties. À l’échelle nationale, la DGFiP constate que 85,8 % des communes ont reconduit leur taux entre 2025 et 2026, 13,6 % l’ont augmenté et 0,6 % l’ont diminué. Parmi celles qui l’ont relevé, 85 % sont restées sous deux points supplémentaires. Une hausse de quatre, cinq ou six points sort donc nettement du mouvement général.
En Île-de-France, plusieurs communes s’en écartent. À Montrouge, le conseil municipal a porté le taux du foncier bâti de 19,98 % à 24,98 %, soit cinq points supplémentaires. À Clamart, il est passé de 22,98 % en 2025 à 26,86 % en 2026, soit 3,88 points. Drancy a voté six points de plus. À l’inverse, Versailles maintient son taux à 26,10 % pour la seizième année consécutive, tandis que Melun conserve 45,30 %. Le montant payé dépend aussi de la valeur cadastrale de chaque bien.
Depuis 2021, la taxe foncière occupe une place beaucoup plus grande dans les recettes communales. Avec la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales et le transfert de l’ancienne part départementale aux communes, elle est devenue leur principale ressource de fiscalité directe locale. Les recettes de taxe foncière sur les propriétés bâties perçues par les communes sont passées d’environ 17 milliards d’euros en 2018 à plus de 40 milliards en 2025. Elles représentent désormais 90 % de leurs recettes de fiscalité directe locale et environ 40 % de leurs recettes de fonctionnement.
Drancy montre ce que ce nouveau poids signifie dans un budget municipal. La Ville dit avoir réduit de 2,1 millions d’euros ses dépenses courantes, reporté des travaux qui n’avaient pas encore commencé et constaté malgré cela un manque de plus de 6 millions pour équilibrer son budget 2026. Le conseil a alors choisi d’ajouter six points de taxe foncière. Ce n’est pas une conséquence automatique de la hausse nationale des bases, mais un arbitrage entre recettes, économies, investissements et niveau de service.
Deux propriétaires franciliens peuvent donc recevoir cet automne des avis évoluant très différemment alors que la revalorisation nationale est exactement la même. À Versailles ou Melun, le taux municipal reste fixe et seule la base peut pousser la cotisation à la hausse. À Montrouge, Clamart ou Drancy, la décision du conseil municipal vient s’y ajouter. En 2026, cette différence se joue commune par commune, au moment où chaque conseil fixe son taux.
Sources consultées
- Direction générale des Finances publiquesTaux de fiscalité directe locale votés en 2026 par les communes et les EPCI à fiscalité propre
- Direction générale des Finances publiquesComment est calculée ma taxe foncière ? Pourquoi a-t-elle augmenté en 2026 ?
- Direction générale des Collectivités localesLa taxe foncière : une ressource prépondérante notamment pour les communes
- Ville de MontrougeCompte rendu du Conseil municipal du 23 avril 2026
- Ville de DrancyUn budget sous tension, des projets poursuivis