
Le Festival IMAGO commencera le 9 septembre à la médiathèque Colette de Lisses, dans l’Essonne. Son inauguration officielle aura lieu dix-sept jours plus tard au Nautilus de Jouy-le-Moutier, dans le Val-d’Oise, avec Monsieur Patate, un spectacle de cirque de la Compagnie Bancale. Entre ces deux dates, la programmation passera aussi par Vauréal, Paris et la Seine-et-Marne. Pour ses dix ans, IMAGO ressemble moins à un festival installé dans une ville qu’à un réseau disséminé dans toute la région.
En 2016, l’histoire était beaucoup plus resserrée. IMAGO naissait de la réunion du Festival Orphée des Yvelines et de Viva la Vida dans le Val-d’Oise, deux manifestations qui partageaient la volonté de donner davantage de place aux artistes en situation de handicap. Dix ans plus tard, la Région Île-de-France annonce pour l’édition 2026 environ 100 représentations de 45 spectacles dans 60 lieux culturels et 50 villes franciliennes.
En quelques semaines, la programmation passe d’une médiathèque à Lisses à la Halle Saint-Pierre à Paris, du château de Blandy en Seine-et-Marne à la salle Franceville de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, puis à la galerie des sculptures du château de Versailles. Vauréal et Jouy-le-Moutier prolongent le parcours dans le Val-d’Oise. Des dates sont également annoncées dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Théâtre, danse, cirque, expositions ou visites se glissent ainsi dans des lieux qui ont leur propre saison et leur propre public.
Richard Leteurtre, qui codirige IMAGO avec Olivier Couder, explique avoir volontairement étalé le festival sur quatre mois afin d’éviter d’enfermer les artistes dans un circuit spécialisé. L’objectif est que les lieux prennent ensuite l’habitude de programmer ces créations en dehors du festival lui-même. Lors des Plateaux IMAGO de 2025, plus de 80 programmateurs ont découvert 20 projets ; Richard Leteurtre indique que ceux-ci ont ensuite trouvé des lieux de diffusion.
L’accessibilité, elle, ne prend pas la même forme partout. Le programme distingue selon les rendez-vous l’accès PMR, la langue des signes, l’audiodescription, le surtitrage, les gilets vibrants ou encore le service Souffleurs d’images. À Versailles, par exemple, la visite théâtrale Je vois des statues partout prévoit un accès PMR et ce dernier dispositif pour les spectateurs aveugles ou malvoyants. Cette précision salle par salle compte : programmer des artistes handicapés et rendre les œuvres accessibles aux différents publics sont deux travaux liés, mais distincts.
Le 26 septembre, au Nautilus de Jouy-le-Moutier, Karim Randé donnera une image assez nette de ce chemin parcouru. Amputé du pied droit, l’artiste a conçu avec son équipe des prothèses destinées à lui permettre de retrouver sur scène ses disciplines de cirque. Elles ne seront pas présentées dans un rendez-vous à part, mais au programme de la soirée d’inauguration d’un nouveau lieu culturel du Val-d’Oise.