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7 600 copies passées par une IA : ce que teste vraiment l’Île-de-France

Dans 20 lycées franciliens, Ed.ai a proposé notes, annotations et exercices à partir de 7 600 copies. Le professeur garde la décision finale.

Illustration - Copies de lycée et intelligence artificielle

Cette fois, ce n’est pas l’élève qui confie son devoir à une intelligence artificielle. C’est le professeur qui lui confie la copie. La Région Île-de-France présente à cette rentrée Ed.ai parmi ses nouveaux outils numériques, après trois mois d’expérimentation dans 20 lycées franciliens.

Le geste est simple à décrire, beaucoup moins à automatiser. L’enseignant fournit son sujet, son corrigé ou son barème, puis numérise les copies. Ed.ai doit d’abord lire l’écriture manuscrite, avant d’analyser chaque réponse et de proposer une note, des annotations et des commentaires. Le professeur reprend ensuite la proposition et la valide. À partir de l’ensemble des copies, le logiciel repère aussi les difficultés récurrentes de la classe et peut fabriquer des exercices de remédiation ciblés.

En trois mois, le test francilien a mobilisé 150 enseignants et 1 250 élèves, pour 400 évaluations, 7 600 copies et 125 activités de remédiation générées. Ces chiffres montrent que l’outil a quitté la simple démonstration commerciale pour affronter de vrais paquets de copies. Ils ne disent en revanche pas combien de propositions ont dû être corrigées par les professeurs, ni combien de temps ceux-ci ont effectivement gagné.

Une copie d’élève contient des ratures, des réponses dans la marge, des équations, des schémas, parfois une écriture difficile à déchiffrer. Une autre expérimentation d’Ed.ai, encadrée par l’académie de Lyon, a relevé une reconnaissance encore imparfaite du manuscrit, une moindre finesse sur les copies atypiques et des difficultés particulières avec certains formats comme la cartographie ou la géométrie. L’automatisation de la correction ne consiste donc pas simplement à comparer une réponse avec un corrigé.

L’automatisation s’arrête aussi au moment de noter. La CNIL rappelle qu’un enseignant peut s’aider d’une IA pour corriger et évaluer, mais ne peut pas lui déléguer l’attribution d’une note en se fondant uniquement sur sa sortie. Le fonctionnement retenu par Ed.ai respecte cette frontière : la note produite par le système reste une proposition jusqu’à la validation du professeur. Sur MonLycée.net, la ressource est d’ailleurs toujours présentée comme étant en phase pilote pour son intégration au Gestionnaire d’accès aux ressources de l’Éducation nationale.

À la rentrée 2026, la Région remet donc l’expérimentation en avant dans son dossier de rentrée, sans annoncer sa généralisation. Le dossier détaillé continue de la décrire comme menée dans 20 lycées. À ce jour, elle ne concerne donc pas automatiquement les 468 lycées publics franciliens.

Ed.ai annonce de son côté une phase 2026-2027 reconduite et étendue, avec dix matières au lieu du premier périmètre centré sur le français et les mathématiques. La Région n’a pas encore publié le nombre ni la liste des établissements concernés par cette nouvelle phase.

Après 7 600 copies, deux mesures manquent encore : combien de corrections les enseignants reprennent réellement, et combien de temps il leur faut encore pour venir à bout du paquet.

Sources consultées
  1. Région Île-de-FranceDossier de presse Rentrée scolaire 2026-2027
  2. Place de services MonLycée.netEd.ai, Assistant IA des enseignants
  3. Académie de LyonQuand l’IA aide à corriger : bilan d’une expérimentation académique
  4. CNILEnseignant : comment utiliser un système d’IA dans le cadre de vos missions ?
  5. Ed.aiCommander Ed.ai en Île-de-France — Expérimentation Région 2026-2027