
À partir de ce 1er septembre, les Franciliens peuvent donner leur avis sur un système que la plupart ne verront jamais, mais qui pourrait, selon le maître d’ouvrage, produire l’équivalent des besoins de chauffage de plus de 200 000 logements. Thermo-sur-Seine prévoit une chaufferie aux Ardoines, à Vitry-sur-Seine, et une plateforme de transfert route-fleuve à Ris-Orangis. Coût estimé : 1,2 milliard d’euros.
Ce projet est l’une des pièces d’un programme de 3,4 milliards d’euros destiné à transformer le réseau de chaleur parisien pendant la nouvelle concession de vingt-cinq ans. Plus de 530 km de canalisations alimentent déjà Paris et seize autres communes, soit près d’un million d’habitants. La nouvelle SEMOP réunissant la Ville de Paris, la Banque des Territoires et le groupement Dalkia-Eiffage-RATP Solutions Ville exploitera le réseau et portera Thermo-sur-Seine comme maître d’ouvrage. Paris reste l’autorité concédante du service public.
La chaîne prévue explique pourquoi l’Essonne et le Val-de-Marne sont directement concernés. Jusqu’à environ 450 000 tonnes par an de combustibles solides de récupération et de bois B arriveraient par camion à Ris-Orangis, déjà préparés par leurs fournisseurs. Ils seraient ensuite chargés sur la Seine à destination de Vitry. En période hivernale, la plateforme pourrait expédier jusqu’à six barges par jour, chacune remplaçant environ 28 camions sur la dernière partie du trajet. À Vitry, trois lignes produiraient jusqu’à 1,6 TWh de chaleur par an.
Vitry n’est toutefois pas seulement le lieu où cette chaleur serait produite. La CNDP indique que Thermo-sur-Seine desservirait aussi le réseau de Choisy-Vitry, présenté comme le principal consommateur de cette chaleur dite « parisienne ». Les frontières du service ne suivent donc guère celles des communes : une plateforme en Essonne approvisionnerait une usine du Val-de-Marne qui alimenterait à son tour plusieurs réseaux métropolitains.
Cette interdépendance n’efface pas les désaccords. Ris-Orangis a adopté une délibération d’opposition au projet. Vitry se dit, elle, opposée « en l’état actuel » et organisera une votation citoyenne à la fin de l’année. Pour ces communes, la discussion porte autant sur les flux routiers, l’insertion des installations et leurs effets sanitaires ou environnementaux que sur la décarbonation promise à l’échelle du réseau.
Le réseau utilise encore du gaz pour environ la moitié de sa chaleur. La nouvelle concession mise parallèlement sur la géothermie, la récupération de chaleur et le biogaz. Pour Thermo-sur-Seine, d’autres implantations, notamment à Ivry-sur-Seine, Saint-Ouen et Choisy-le-Roi, ainsi que d’autres combinaisons énergétiques ont été étudiées. Le maître d’ouvrage considère qu’elles ne permettent pas seules de fournir les volumes de vapeur recherchés dans des conditions comparables. Ce choix fait partie des points soumis au débat.
Le projet n’est aujourd’hui ni autorisé ni en construction. Si la SEMOP décide de le poursuivre, il doit encore passer par des études techniques et environnementales, des procédures d’autorisation et une enquête publique envisagée en 2027. Les travaux s’échelonneraient de 2028 à 2034, avec de premières mises en service à partir de 2031. Jusqu’au 1er novembre, chacun peut déposer un avis sur la plateforme officielle de la concertation. À Vitry comme à Ris-Orangis, c’est maintenant que se discute la place de ces deux communes dans ce futur système de chauffage métropolitain.
Sources consultées
- Commission nationale du débat publicRéseau de chauffage urbain de Paris (Thermo-sur-Seine) avec des infrastructures situées à Vitry-sur-Seine et à Ris-Orangis
- Plateforme de concertation Thermo-sur-SeineFoire aux questions
- Ville de ParisRéseau de chaleur parisien : signature du nouveau contrat de concession
- Ville de Vitry-sur-SeineThermo-sur-Seine : la concertation CNDP démarre le 1er septembre
- Ville de Ris-Orangis2026 133 ENVIR Opposition au projet Thermo-sur-Seine