
L’Île-de-France a enregistré 103 459 immatriculations d’entreprises au premier semestre 2026, en hausse de 9,5 %. Dans le même temps, 87 527 entreprises ont été radiées du registre. Un écart positif de près de 16 000 unités, qui disparaît entièrement dès que Paris est retiré du calcul : les sept autres départements totalisent 60 970 immatriculations et 61 604 radiations.
Cette bascule ne signifie pas que la banlieue francilienne perdrait mécaniquement des entreprises. Une radiation du Registre du commerce et des sociétés n’est pas synonyme de faillite. Elle peut être volontaire, intervenir après une procédure collective ou être effectuée d’office par le greffe. Le Code de commerce prévoit notamment une radiation lorsque certaines situations de cessation d’activité ou de défaut de régularisation persistent. Au deuxième trimestre, à l’échelle nationale, les radiations d’office représentaient 47,2 % des radiations dont le motif était renseigné.
Les écarts départementaux ne racontent donc pas la même chose. À Paris, les immatriculations bondissent de 14,8 %, à 42 489, tandis que les radiations augmentent de 68,3 %, à 25 923. Infogreffe attribue principalement cette envolée aux radiations volontaires. La capitale combine donc beaucoup d’entrées et beaucoup de sorties plutôt qu’une simple progression sans contrepartie.
Les Yvelines offrent presque l’image inverse. Les immatriculations progressent de 9,5 %, mais les radiations restent plus nombreuses. Celles-ci reculent pourtant de 14,9 % sur un an, notamment grâce à une baisse des radiations volontaires et dans l’immobilier. En Seine-Saint-Denis, les immatriculations progressent tandis que les radiations reculent : 11 765 immatriculations, en hausse de 3 %, face à 10 263 radiations, en baisse de 14,1 %.
Les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise montrent pourquoi il faut aussi regarder les procédures collectives. Dans les Hauts-de-Seine, les radiations augmentent de 35,8 % et les procédures collectives de 50,2 %, notamment dans la construction, la restauration et les activités spécialisées. Dans le Val-d’Oise, les radiations grimpent encore davantage, de 52 %, mais les procédures collectives reculent de 15,7 %. La hausse des radiations ne recouvre donc pas la même situation dans les deux départements.
L’Insee, sur un champ statistique différent, retrouve également des écarts marqués entre départements. Au deuxième trimestre, les créations augmentent de 9 % sur un an dans la région, tirées par les micro-entrepreneurs à +13 %, contre +2,7 % pour les créations classiques. Sur douze mois, les défaillances progressent de 19,1 % dans les Hauts-de-Seine et de 15,4 % à Paris, mais diminuent de 12,1 % dans le Val-d’Oise, de 6,7 % en Seine-et-Marne et de 6,6 % en Seine-Saint-Denis.
Le premier semestre ne dessine donc pas une fracture économique simple entre Paris et sa banlieue. Paris connaît une très forte rotation du registre ; dans les Yvelines, les radiations restent plus nombreuses malgré leur recul ; le Val-d’Oise cumule beaucoup de radiations avec moins de procédures collectives ; dans les Hauts-de-Seine, les deux indicateurs augmentent ensemble. Sous un même total régional, les départements franciliens connaissent des combinaisons très différentes d’immatriculations, de radiations et de défaillances.
Sources consultées
- Infogreffe – MEDEF Île-de-FranceEntrepreneuriat en Île-de-France : les tendances du 1er semestre 2026
- InfogreffeT2 2026 : la hausse de 66,8 % des radiations pèse sur la dynamique entrepreneuriale
- InseeTableau de bord de la conjoncture : Île-de-France
- LégifranceCode de commerce, dispositions relatives aux radiations d’office