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Île-de-France : les emplois se concentrent à Paris et dans les Hauts-de-Seine, la propriété en grande couronne

Les derniers chiffres de l’Insee dessinent trois géographies franciliennes différentes : celles de l’emploi, de la propriété et de la croissance démographique.

Illustration des contrastes territoriaux franciliens

L’Insee a actualisé le 27 août son comparateur des huit départements franciliens. Mis côte à côte, les derniers chiffres disponibles font apparaître trois cartes qui se superposent mal : celle des emplois, celle de la propriété et celle de la croissance démographique.

La première est particulièrement déséquilibrée. Paris et les Hauts-de-Seine réunissent 30,2 % des 12,46 millions de Franciliens, mais 47,7 % des 6,03 millions d’emplois recensés au lieu de travail. Ils concentrent aussi 49,7 % des établissements employeurs. À l’inverse, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne et Val-d’Oise accueillent 44,7 % de la population régionale pour 32,7 % des emplois.

Cette dissociation se retrouve dans les déplacements quotidiens. En 2023, 82,9 % des actifs occupés de Seine-et-Marne et 83,2 % de ceux du Val-d’Oise travaillent dans une commune différente de celle où ils habitent. Tous ne prennent évidemment pas la direction de Paris ou des Hauts-de-Seine, mais ces proportions montrent combien le bassin d’emploi déborde les limites communales.

La carte s’inverse lorsqu’on regarde la propriété. À Paris, seuls 33,2 % des ménages possèdent leur résidence principale. La proportion atteint 37,5 % en Seine-Saint-Denis, 43 % dans les Hauts-de-Seine et 43,7 % dans le Val-de-Marne. Dans les quatre départements de grande couronne, elle dépasse 54 % et culmine à 61,1 % en Seine-et-Marne.

Ce contraste n’est pourtant pas le résultat d’une récente poussée de la propriété vers l’extérieur. En Seine-et-Marne, la part des ménages propriétaires est passée de 62,7 % en 2012 à 61,1 % en 2023. Dans le Val-d’Oise, elle a reculé de 57,5 % à 54,5 %. La séparation entre géographie résidentielle et géographie des emplois est donc plus structurelle qu’elle ne raconte un déplacement récent.

La démographie dessine encore une autre Île-de-France. Entre 2017 et 2023, la région gagne 0,4 % d’habitants par an malgré un solde apparent des entrées et sorties de -0,3 %. Paris perd 0,6 % de sa population chaque année, tandis que la Seine-Saint-Denis en gagne 0,8 %. Dans ce dernier département, la croissance vient d’un solde naturel de +1,1 %, assez élevé pour compenser davantage de départs que d’arrivées. Seule la Seine-et-Marne affiche un solde migratoire légèrement positif, à +0,1 %.

La richesse ne remet pas ces cartes dans le même ordre. Le niveau de vie médian dépasse 33 000 euros dans les Hauts-de-Seine et à Paris, contre 21 250 euros en Seine-Saint-Denis. Mais le taux de pauvreté est de 13,5 % dans les Hauts-de-Seine, 16,8 % à Paris, 19,4 % dans le Val-d’Oise et 29,5 % en Seine-Saint-Denis. Les Yvelines descendent à 11,6 %.

Les huit départements n’occupent donc pas la même place dans le bassin de vie francilien. Une grande part des emplois reste concentrée dans deux départements, tandis que l’habitat, la propriété et la croissance se répartissent autrement. Pour les habitants, cet écart se retrouve chaque matin dans les trains, les bus et sur les routes qui relient lieux de résidence et pôles d’emploi.

Sources consultées
  1. InseeComparateur de territoires
  2. InseeDossier complet, Département de Seine-et-Marne
  3. InseeDossier complet, Département du Val-d’Oise