
Samedi à Champs-sur-Marne, deux danseuses évolueront dans une structure haute de seulement 2,5 mètres, posée au milieu d’un parc de 85 hectares. À L’Île-Saint-Denis, des clowns circuleront dans une ancienne friche industrielle en reconversion. Dimanche à Nemours, les vibrations des plantes entreront dans la matière sonore d’une performance. Pour son dernier week-end, Jardins ouverts rassemble surtout des lieux qui n’ont, au premier regard, presque rien en commun.
La dixième édition, organisée depuis le 27 juin dans plus de 200 jardins franciliens, s’achève les 29 et 30 août. Après une première sélection consacrée aux rendez-vous du début du mois, cette clôture offre une autre découverte : derrière un même festival se côtoient des jardins hérités, reconquis ou rouverts au public.
À Champs-sur-Marne, le jardin est d’abord un héritage. Autour du château du XVIIIe siècle, les 85 hectares mêlent allées régulières, bassins, bois et prairies. La compagnie Retouramont y installera Verticale de poche : deux danseuses réunies autour d’un agrès de 2,5 mètres qui ramène presque au niveau des spectateurs une discipline habituellement suspendue aux façades et aux grandes hauteurs. Dans les Yvelines, le château de Maisons accueillera lui aussi dimanche une forme légère dans son parc, avec les marionnettes et les contes de Nathalie Bondoux. Deux grands domaines historiques deviennent ainsi, pendant quelques heures, autre chose que des paysages à contempler.
Lil’Ô raconte presque l’histoire inverse. À la pointe nord de L’Île-Saint-Denis, ses 3,6 hectares ont été successivement agricoles, maraîchers puis industriels. Depuis 2018, l’association Halage transforme ce terrain situé entre deux bras de Seine en pôle d’activités écologiques et sociales, au voisinage d’une zone protégée pour les oiseaux. La guinguette du 29 août y mêlera visite du site, ateliers environnementaux, musique et interventions improvisées des clowns du Samovar. Ici, le jardin n’est pas transmis depuis trois siècles : il pousse sur un sol que des associations essaient de rendre à nouveau habitable et vivant.
À Nemours, le Picardeau ajoute une autre histoire. Cette ancienne tannerie au bord du Loing fut la dernière résidence de Claudia Cardinale à Nemours. La fondation créée avec sa fille Claudia Squitieri y accueille aujourd’hui des artistes en résidence et ouvre régulièrement la maison et son jardin au public. Pour sa première participation à Jardins ouverts, elle confie dimanche le lieu à Martin Balsan et Frédéric Malki : sons enregistrés et captations réalisées à partir des vibrations des plantes composeront Jardin sonore.
Même le rendez-vous de Garches se glisse mal dans la catégorie du simple « parc ». Le Fonds culturel de l’Ermitage organise ses expositions dans une propriété familiale dont le jardin mêle terrasses à l’italienne, composition à la française, parc à l’anglaise, œuvres et bois de chênes. Il ouvre régulièrement ses portes aux habitants et recevra dimanche le collectif Indigo Musique.
En quatre départements, la clôture rapproche donc château national, friche reconquise, ancienne tannerie habitée par des artistes et jardin culturel. Dimanche à Nemours, Jardin sonore achèvera le week-end au bord du Loing, avec des captations réalisées à partir des vibrations des plantes.