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Jean Zay, ARN, briques de terre : trois portes rarement ouvertes sur la recherche francilienne

Les candidatures ouvrent ce 25 août pour visiter à Orsay, Paris et Nanterre des lieux de recherche habituellement fermés au public.

Illustration - Recherche scientifique en Île-de-France

Un supercalculateur de 125,9 PFlop/s à Orsay, de petits fragments d’ARN synthétisés à Paris, puis des briques de terre crue fabriquées à Nanterre. Le CNRS ouvre ce mardi 25 août les candidatures à ses Visites insolites 2026. Parmi le programme francilien, ces trois rendez-vous permettent surtout d’entrer là où la recherche se fait réellement, devant les machines, les paillasses et les matériaux. Les places sont attribuées après candidature et tirage au sort.

À Orsay, le 10 octobre, Jean Zay donne la mesure d’une infrastructure nationale de calcul. Hébergé par l’IDRIS, le supercalculateur sert aux travaux de simulation numérique et d’intelligence artificielle, tandis que le centre accompagne quelque 4 000 chercheurs et ingénieurs. Sa puissance crête totale atteint 125,9 PFlop/s et sa partition la plus récente réunit 1 456 processeurs graphiques Nvidia H100. La visite doit notamment conduire le public dans la salle machine et, sur l’un des créneaux, jusqu’au système de refroidissement.

Cette puissance produit aussi une chaleur qu’il faut évacuer. À Saclay, celle de Jean Zay est récupérée par le réseau local. Le CNRS l’estime à près de 6 500 MWh par an, soit l’équivalent du chauffage de 1 500 logements neufs. Derrière la puissance de calcul apparaissent ainsi les tuyaux, l’eau et l’énergie nécessaires au fonctionnement de la machine.

À Paris, le 7 octobre, les visiteurs du Laboratoire de chimie et biochimie pharmacologiques et toxicologiques suivront la synthèse automatisée de petits fragments d’ADN ou d’ARN, puis un test de fluorescence montrant comment une molécule peut interagir avec l’ARN. Le laboratoire travaille sur des molécules organiques capables de telles interactions. On est ici en amont du médicament, au stade où il faut fabriquer et mesurer précisément les objets moléculaires étudiés.

À Nanterre, le 16 octobre, les mains remplacent les processeurs et les instruments de fluorescence. Le laboratoire TEMPS et la MSH Mondes proposent de fabriquer des briques, monter un mur miniature et explorer les techniques des potiers. À la Technothèque, l’étude des traces laissées sur les vestiges et la reproduction des chaînes de fabrication servent à reconstruire les techniques employées par les sociétés anciennes, notamment pour la céramique et l’architecture en terre.

Le programme francilien est plus large. Le CNRS propose aussi, entre autres, d’entrer dans une carothèque climatique à Gif-sur-Yvette ou d’observer à Paris des organoïdes et des cellules par cytométrie. Les trois visites retenues ici relient néanmoins une infrastructure nationale en Essonne, une recherche moléculaire à Paris et une science expérimentale des techniques anciennes dans les Hauts-de-Seine.

Les candidatures restent ouvertes jusqu’au 20 septembre à 23 h, avec tirage au sort le 21 septembre. Selon les visites, l’âge minimum et les conditions d’accessibilité varient. Les lecteurs peuvent consulter les visites et déposer leur candidature sur le site officiel du CNRS. À Orsay, Paris ou Nanterre, les personnes tirées au sort passeront quelques heures au plus près d’une salle machine, d’une paillasse ou d’une technothèque habituellement réservées au travail scientifique.

Sources consultées
  1. CNRSVisites insolites du CNRS
  2. GENCIRapport d’activités 2024
  3. CNRS ImagesTuyaux et pompe de la sous-station pour la récupération de la chaleur fatale du supercalculateur Jean Zay
  4. CNRSARN et chimie organique : une alliance clé pour la médecine de demain ?
  5. CNRSL’argile dans tous ses états