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Après le cancer, huit recherches franciliennes explorent les séquelles et les inégalités qui durent

À Aubervilliers et Nanterre, deux projets parmi huit financés en Île-de-France étudient l’après-cancer, des inégalités sociales aux soins de support.

Illustration - Recherche après un cancer

Anne Gosselin, démographe à l’Ined d’Aubervilliers, va travailler sur les inégalités sociales après un cancer du sein. Anne Vega, chercheuse à l’Université Paris Nanterre, s’intéressera aux différences d’accès aux soins de support en hématologie. Leurs projets font partie des huit recherches sélectionnées le 17 août par le Cancéropôle Île-de-France autour d’un même thème : ce qui continue après un cancer.

La question dépasse largement la surveillance d’une rechute. Dans l’enquête nationale VICAN5, 63,5 % des personnes interrogées déclaraient encore, cinq ans après leur diagnostic, des séquelles liées à la maladie ou aux traitements. Parmi celles qui travaillaient au moment du diagnostic, 20 % n’étaient plus en emploi cinq ans plus tard. L’Institut national du cancer cherche désormais à faire passer de deux tiers à un tiers la proportion de patients souffrant encore de séquelles à cet horizon.

Les huit projets franciliens se situent toutefois très en amont d’un changement de prise en charge. Ils pourront recevoir jusqu’à 40 000 euros chacun pendant un an. L’appel « Emergence » finance des recherches qui doivent encore consolider leurs premiers résultats avant de pouvoir candidater à des financements nationaux ou internationaux plus importants.

En Seine-Saint-Denis, cette recherche prend notamment la forme d’une enquête sur les parcours de vie. Anne Gosselin coordonne SENOVIE INEQUALITIES, consacré aux inégalités sociales dans le cancer du sein. Elle est déjà co-responsable scientifique de SENOVIE, une étude menée auprès de femmes nées en France ou en Afrique subsaharienne et soignées dans quatre hôpitaux franciliens, dont Delafontaine à Saint-Denis, Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois et Avicenne à Bobigny. Cette recherche utilise notamment les trajectoires familiales, professionnelles et migratoires pour comprendre ce que la maladie change dans une vie. Le protocole du nouveau volet financé en août n’est pas encore public, ce qui ne permet pas d’affirmer qu’il reprendra exactement les mêmes terrains.

Du côté de Nanterre, ISAR-SOS déplace la question vers l’accès aux soins. Anne Vega, membre du laboratoire Sophiapol, étudiera les inégalités de recours aux soins oncologiques de support en hématologie. Ces soins peuvent concerner la douleur, la nutrition, le soutien psychologique ou social, l’activité physique, la fertilité ou la sexualité. Son laboratoire travaille depuis plusieurs années sur les différences de parcours et de prise en charge des patients atteints de cancer.

Les six autres projets abordent notamment les effets biologiques qui peuvent persister après les traitements. Ils portent sur les lésions dues à la radiothérapie, la fertilité, la radionécrose cérébrale ou le risque de cancers secondaires. Le programme rassemble ainsi sous le même intitulé des dommages cellulaires et des trajectoires sociales que les chiffres de survie ne suffisent pas à décrire.

Avec un an de travail et 40 000 euros au maximum, aucune de ces équipes n’est encore au stade d’une solution clinique. Leur première échéance est de produire des données assez solides pour poursuivre. À Aubervilliers et Nanterre, cela commence par documenter deux choses que la guérison médicale ne fait pas disparaître d’elle-même : les inégalités de parcours et les inégalités d’accès à ce qui aide à vivre après les traitements.

Sources consultées
  1. Cancéropôle Île-de-FranceEmergence 2026-2 – Résultats de l’AAP
  2. Institut national du cancerDonnées globales d’épidémiologie des cancers
  3. BMJ OpenA Life course approach to investigate breast cancer and migration in the greater Paris area: the SENOVIE study protocol
  4. Université Paris Nanterre, SophiapolAnne Vega