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Pourquoi la récolte francilienne recule alors que le blé progresse

L’Île-de-France pourrait récolter 10 % de céréales et d’oléoprotéagineux de moins qu’en 2025. Le maïs cumule moins d’hectares semés et une chute des rendements.

Illustration - Champs de blé et maïs

L’Île-de-France pourrait récolter moins de 3 millions de tonnes de céréales et d’oléoprotéagineux en 2026, environ 10 % de moins qu’en 2025. Pourtant, sa principale céréale se porte plutôt bien : la production de blé tendre dépasserait 1,6 million de tonnes, en hausse de 4 %. Le décrochage se joue ailleurs, surtout dans les champs de maïs de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise.

Les surfaces de blé tendre ont progressé plusieurs mois avant la moisson, de 191 500 à environ 200 500 hectares. Son rendement serait légèrement inférieur à celui de 2025, 81 quintaux par hectare contre 82, mais ces hectares supplémentaires suffisent à augmenter la production. Et lorsque juillet devient exceptionnellement chaud et sec, la récolte est déjà très avancée : les moissons de blé tendre sont terminées au 20 juillet.

Pour le maïs, l’histoire commence avant la sécheresse. Dès juin, la DRIAAF estimait que sa surface reculerait d’environ 19 %. Elle reliait ce mouvement à la hausse du prix des engrais depuis mars et à un report vers le colza et le tournesol, moins exigeants en apports. Les chiffres du 1er août confirment le changement : 48 500 hectares de maïs grain cette année contre près de 59 700 en 2025. Une partie de la baisse de production était donc déjà inscrite dans les assolements.

Puis juillet arrive au mauvais moment pour les hectares restants. L’Île-de-France ne reçoit que 4,2 mm de pluie en moyenne pendant le mois, soit 7 % de la normale, avec des températures supérieures de 3,6 °C aux références saisonnières. La floraison du maïs coïncide avec ces fortes chaleurs. Au 3 août, 45 % des surfaces sont classées en conditions mauvaises à très mauvaises.

Le rendement provisoire tombe ainsi à 67 quintaux par hectare, contre 105 en 2025. La production de maïs grain passerait de 627 000 à environ 324 000 tonnes. Le recul touche les quatre grands départements agricoles : environ -44 % en Seine-et-Marne et de -54 % à -58 % dans les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise d’après les estimations départementales.

Les volumes de 2026 se sont donc décidés en deux temps : d’abord dans les hectares choisis à l’automne ou au printemps, sensibles au coût des engrais et de l’énergie, puis dans le calendrier propre à chaque plante. Le blé était presque à l’abri lorsque le maïs traversait sa phase la plus sensible.

La quasi-totalité des 2,95 millions de tonnes actuellement estimées provient de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise, avec près des deux tiers pour la seule Seine-et-Marne. Dans ces quatre départements, le blé est désormais engrangé. Le maïs reste dans les champs, et son estimation du 1er août peut encore évoluer fortement avant la récolte.

Sources consultées
  1. DRIAAF Île-de-France / AgresteNote de conjoncture d’août 2026
  2. DRIAAF Île-de-France / AgresteNote de conjoncture de juin 2026
  3. SRISE / DRIAAF Île-de-FranceCampagne agricole millésimée 2026, situation au 1er août 2026