
L’Île-de-France a recommencé à autoriser davantage de logements en 2025 : 58 969, soit 14,5 % de plus qu’en 2024. Cela reste seulement 84 % de l’objectif régional de 70 000 logements par an. Surtout, cette moyenne réunit des situations radicalement différentes. Le Val-de-Marne atteint 132 % de sa cible, les Hauts-de-Seine 97 %, la Seine-Saint-Denis 85 %. Paris tombe à 37 %.
Ces écarts racontent le fonctionnement particulier de la construction francilienne. L’objectif des 70 000 logements, inscrit dans la loi du Grand Paris, est décliné par le schéma régional de l’habitat et de l’hébergement entre les intercommunalités. Le total régional dépend donc de dizaines d’opérations et de décisions locales : plans d’urbanisme, opérations d’aménagement, disponibilité du foncier et délivrance des permis. Une grosse opération peut faire bondir le bilan d’un territoire l’année de son autorisation, puis disparaître du suivant.
Le Val-de-Marne montre comment un calendrier local peut faire varier le bilan. Au troisième trimestre 2025, les autorisations y avaient bondi de 87 % par rapport au trimestre précédent. La DRIEAT avançait deux explications possibles : l’approche de l’approbation du PLUi de Grand-Orly Seine Bièvre, susceptible d’avoir accéléré certains dépôts de permis, et les opérations autour des gares du Grand Paris Express. Le territoire de Grand-Orly brouille d’ailleurs la lecture strictement départementale : ses 24 communes s’étendent sur le Val-de-Marne et l’Essonne.
Jusqu’en juin 2026, la reprise se poursuit, mais pas partout au même rythme. Sur douze mois, Sitadel estime 68 540 logements autorisés en Île-de-France, soit 21,7 % de plus que pendant les douze mois précédents. Les Yvelines progressent de 86,6 %, la Seine-Saint-Denis de 42,7 %, le Val-de-Marne de 34,9 % et les Hauts-de-Seine de 29,1 %. La hausse est plus modérée dans le Val-d’Oise (+17,8 %) et en Seine-et-Marne (+14,8 %), tandis que l’Essonne recule de 17,8 % et Paris de 61,2 %. Cette série conjoncturelle n’est pas le bilan annuel utilisé pour mesurer le SRHH, mais elle confirme combien les rythmes peuvent diverger d’un territoire à l’autre.
Ce rebond concerne encore l’amont de la construction. Un logement autorisé est un projet qui a obtenu son permis, pas un logement disponible. Dans la série Sitadel de l’Insee, 47 857 logements ont été mis en chantier en Île-de-France en 2025, un volume encore inférieur à la moyenne des cinq années précédentes.
Les autorisations montrent donc que davantage de projets réussissent de nouveau à franchir l’étape administrative. Pour les habitants, la différence se verra commune par commune, lorsque ces permis deviendront des chantiers.