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Naître en Île-de-France : des maternités très spécialisées, un suivi encore inégal

Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise affichent de forts écarts dans le suivi avant et après la naissance, malgré un réseau hospitalier très spécialisé.

Illustration - maternité et suivi périnatal

En Île-de-France, les grossesses complexes peuvent être orientées vers un réseau de maternités très spécialisées. Mais les rendez-vous plus ordinaires qui entourent une naissance sont beaucoup moins également assurés. Le bulletin publié en juillet par Santé publique France mesure nettement ce décalage entre Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise.

Premier exemple avant l’accouchement. En 2024, 56,7 % des femmes ayant accouché à Paris avaient bénéficié d’un entretien prénatal précoce, contre 43,4 % dans le Val-d’Oise et 33,5 % en Seine-Saint-Denis. La moyenne francilienne, 48,9 %, reste elle-même loin des 62,1 % observés en France. Santé publique France souligne que 98 % de ces entretiens sont réalisés par des sages-femmes et avance leur répartition inégale comme l’une des explications possibles aux écarts territoriaux.

Après la naissance, l’écart persiste. L’entretien postnatal précoce, réalisé entre la quatrième et la huitième semaine et destiné notamment à repérer les premiers signes de dépression du post-partum, concernait 18,7 % des femmes à Paris en 2024. La proportion tombait à 11,5 % en Seine-Saint-Denis et 10,8 % dans le Val-d’Oise. À l’échelle régionale, seules 14,8 % des femmes en avaient bénéficié, contre 24,9 % en France.

Les écarts apparaissent aussi dans la mortalité infantile. En 2024, 627 nourrissons franciliens sont décédés avant leur premier anniversaire, soit 4,11 décès pour 1 000 naissances vivantes, presque exactement le taux national de 4,08 ‰. Sur la période 2020-2024, le taux départemental était toutefois de 3,64 ‰ à Paris, 4,53 ‰ dans le Val-d’Oise et 5,64 ‰ en Seine-Saint-Denis. Ces écarts de mortalité ne peuvent pas être attribués aux seuls écarts de suivi : Santé publique France décrit aussi des différences sociales, médicales et environnementales importantes entre territoires.

Dans le même temps, les accouchements franciliens se concentrent davantage dans les maternités les plus spécialisées. En 2023, 34,1 % avaient lieu dans une maternité de type 3, dotée notamment d’une réanimation néonatale, contre 31,2 % en France. Depuis 2013, la part des accouchements dans les maternités de type 1 a reculé de dix points, tandis que celles des types 2B et 3 ont progressé. Santé publique France relie cette évolution à la fréquence plus élevée en Île-de-France de la grande et très grande prématurité, tout en soulignant la nécessité de préserver l’accès aux structures de proximité.

L’ARS Île-de-France décrit justement des tensions de personnel en ville comme à l’hôpital. Elle constate que les salles de naissance et les consultations sont alors prioritaires, parfois au détriment de la prévention, et classe la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise parmi ses territoires prioritaires en périnatalité.

L’Île-de-France dispose donc de fortes capacités pour prendre en charge les situations néonatales complexes. La continuité du parcours dépend aussi d’un maillage beaucoup plus quotidien : sages-femmes, PMI, suivi de ville et rendez-vous avant ou après l’accouchement. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise, les chiffres montrent que l’accès à ce suivi reste sensiblement moins régulier qu’à Paris.

Sources consultées
  1. Santé publique FranceSanté périnatale et petite enfance en Île-de-France entre 2012-2024
  2. Agence régionale de santé Île-de-FranceFiche n°1 | Périnatalité