
L’Île-de-France ne manque presque plus de plans climat : 54 des 59 collectivités concernées en ont adopté un. Le prochain chantier est leur révision. Seules deux l’ont déjà menée à bien, alors que l’État vient de fixer comme référence une France métropolitaine plus chaude de 2,7 °C en 2050 par rapport à l’ère préindustrielle.
La feuille de route écologique francilienne publiée en juillet pousse à faire entrer ce climat futur dans les documents d’urbanisme, les plans de crise et la continuité des services publics. Issue de débats conduits dans les huit départements franciliens, auxquels plus de 1 400 personnes ont participé, elle rassemble 13 plans thématiques et 175 actions.
Ces 175 actions ne correspondent toutefois pas à 175 engagements financés. Le document les présente comme des actions « envisagées » par les participants, accompagnées d’exemples déjà engagés et de mesures à construire. Il fixe un cadre commun, pas un calendrier régional de chantiers.
Le premier chantier concerne l’aménagement. En Seine-et-Marne, dans l’Essonne, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, les débats ont retenu comme priorité la traduction de la trajectoire climatique dans les PCAET, les SCoT et les PLU intercommunaux. La feuille propose d’y intégrer les projections de température et la vulnérabilité locale, puis d’en tirer des règles sur les surfaces végétalisées, les matériaux clairs ou la densification. La publication régionale ne modifie pas elle-même un PLU : ce sont les prochaines révisions locales qui pourront rendre ces choix opposables.
L’autre chantier concerne la préparation des crises. Les huit débats départementaux ont placé parmi leurs priorités la coordination entre services de l’État, communes et intercommunalités. La feuille propose notamment des plans inondation inspirés des dispositifs canicule, le déploiement des plans intercommunaux de sauvegarde et la mutualisation des lieux d’accueil. Elle prévoit aussi de cartographier les accès aux massifs forestiers pour les secours.
Une crue comparable à celle de 1910 affecterait 140 kilomètres de réseau ferré, 130 stations ou gares et l’ensemble des lignes de RER. Dans un scénario majoré de 15 %, la feuille recense 43 hôpitaux et 98 Ehpad directement inondés. Une commune peut rester au sec tout en perdant son accès au train, à l’électricité, à l’eau ou à un établissement de soins.
La feuille s’arrête néanmoins avant la programmation. Elle ne publie ni budget global, ni calendrier commun, ni responsable unique pour chaque résultat. Les acteurs disposent désormais d’une même référence climatique, mais l’exécution demeure dispersée entre communes, intercommunalités, départements, État et opérateurs.
Son prochain test sera la révision d’un PLU intercommunal où il faudra arbitrer entre densification et fraîcheur, ou un plan intercommunal qui désignera réellement un lieu d’accueil, des itinéraires et les moyens disponibles en cas d’interruption des réseaux.
Sources consultées
- DRIEAT Île-de-FrancePlanification écologique en Île-de-France : COP régionale - feuille de route de la transition écologique 2026
- Préfecture de la région d’Île-de-FranceCOP régionale - Feuille de route de la transition écologique, juin 2026
- DRIEAT Île-de-FranceVers la révision des PCAET franciliens, données juin 2026
- LégifranceArrêté du 23 janvier 2026 fixant la trajectoire de réchauffement de référence
- DRIEAT Île-de-FranceTerritoires à risque important d’inondation en Île-de-France